Le XIXe siècle américain : apogée du capitalisme industriel et violence coloniale

Le XIXe siècle américain : apogée du capitalisme industriel et violence coloniale

Café historique

90 min.

Deux événements significatifs ouvrent et ferment le siècle : le premier est le discours d’inauguration de Thomas Jefferson en 1801, comme 3e président des États-Unis et fondateur de « l’empire pour la liberté », suivi en 1803 de son achat à Napoléon Bonaparte de l’immense territoire de la Louisiane. À la fin du siècle, le 29 décembre 1890, le massacre de la bande de Sioux Minneconjous dans la crique de Wounded Knee au Dakota signera la victoire de l’armée américaine sur les autochtones dont l’histoire se déroule, au cours du siècle, dans le fracas de la spoliation de leurs terres, de leur enfermement dans des réserves et de la destruction de leurs cultures ancestrales. Pendant la première moitié du 19e siècle, la jeune nation consolide ses fondations institutionnelles fédérales et se consacre à l’agrandissement du territoire ainsi qu’à l’avènement de la prospérité promise aux anciens colons américains. Les trois grandes régions Nord-Est, Ouest et Sud - se prêtent mutuellement leurs ressources spécifiques, cependant que se contredisent les trois idéologies et systèmes économiques. Au milieu du siècle, la nation  « désunie » sombre dans l’inexpiable guerre de Sécession à l’issue de laquelle, si les esclaves sont libérés, le président abolitionniste Abraham Lincoln est assassiné et la ségrégation raciste se répand dans le pays. La deuxième moitié du siècle voit la croissance exponentielle du capitalisme « sauvage », fait de la conquête de l’Ouest aux dépens des nations indiennes, de la construction accélérée des voies du « cheval de fer » et des canaux, de la ruée vers l’or, de l’extermination des bisons, de l’exploitation ouvrière et de l’apogée de la grande finance, le tout portant la nation américaine dans la situation d’un empire concurrent et bientôt supérieur aux grandes puissances mondiales. L’événement de Wounded Knee, qui clôt le siècle, est une sorte de catharsis (de purge), de cette croissance démesurée, où disparaissent les anciennes communautés agraires et les rêves paradisiaques des débuts de la nation nord-américaine. 


 

Avec

Elise Marienstras

Elise Marienstras

Professeure émérite à l’université Paris-Diderot, Élise Marienstras a travaillé sur l’histoire des États-Unis, sur la politique de création nationale et les rapports entre populations d’immigrations et populations autochtones. Elle a notamment publié La résistance indienne aux États-Unis (Folio, 2014) et Nous le peuple : les origines du nationalisme américain (Gallimard, 1988).

Le XIXe siècle américain : apogée du capitalisme industriel et violence coloniale

  • Dimanche 21 novembre 2021 - 10 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
  • En présence deElise Marienstras

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