Le classement 1855 des vins de Bordeaux a-t-il bien vieilli ?

Le classement 1855 des vins de Bordeaux a-t-il bien vieilli ?

Table Ronde

60 min.

15 mai 1855. Alors que la guerre de Crimée se poursuit, l’Exposition universelle de Paris attire les puissants et les badauds – plus de cinq millions de visiteurs payants en six mois. L’Exposition universelle doit présenter les meilleurs produits agricoles et manufacturiers des pays qui y participent, et aussi, bien sûr, des régions françaises. Dans ce contexte, la représentation des grands vignobles français devient l’enjeu d’une nouvelle escarmouche dans la guerre que mènent de longue date les propriétaires contre les courtiers et les négociants. Et pour la première fois, les producteurs, dont les vins étaient jusqu’alors présentés pour ainsi dire dans l’anonymat – aucune mention du propriétaire n’apparaissant sur l’étiquette – vont contourner la règle et marquer des points en termes de reconnaissance. Par ailleurs, un nouveau classement est établi pour l’occasion. Depuis des décennies, en effet, les vins de Bordeaux sont classés en trois, quatre, puis cinq catégories. Plusieurs de ces classements sont devenus des références. Évidemment, les listes ont évolué, notamment celles des troisièmes, quatrièmes et cinquièmes crus. Évidemment aussi, le classement déterminant en grande partie les prix, les pressions ont été multiples. La liste des crus classés, rapidement établie pour le classement de 1855, est pensée comme temporaire, comme les précédentes, mais elle ne crée pas de surprise, n’étant guère différente des précédents choix opérés par les courtiers. Ce classement temporaire, contre toute attente, va pourtant devenir « définitif ». – d’après le chapitre « Le classement des vins de 1855 », in Pierre Brana et Joëlle Dusseau, Vous êtes mes soldats. Les Aquitains de Napoléon III, éd. Sud Ouest, 2020, pp. 85-90.

En parteneriat avec le journal Sud Ouest

Avec

Sylvie Cazes

Sylvie Cazes

PM CHAUVIN

Pierre-Marie Chauvin

Pierre Brana

Pierre Brana

Pierre Brana a été ingénieur et responsable d’un syndicat CGT en opposition avec la ligne confédérale. Lors des “événements”, il organise des rencontres avec des étudiants, travailleurs, artistes. Il a ensuite été maire d’Eysines et député de la Gironde, auteur de rapports parlementaires sur le génocide rwandais et les guerres des Balkans. Il a publié en 2017 avec Joëlle Dusseau le livre Mai 68 à Bordeaux (éd. La Geste).

Jefferson Desport

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