Guyane française, un siècle de terre de bagne (1852-1953)

Guyane française, un siècle de terre de bagne (1852-1953)

Café historique

60 min.

Au début du XVIIIe siècle,  la Guyane devenue définitivement possession française, est un vaste territoire peu peuplé, éloigné de la France mais aisément joignable par les vents alizés propices à la marine à voile.  Elle devient, en un premier temps, un lieu d’exil pour des vaincus des temps révolutionnaires. C’est ce qui donne l’idée, au milieu du XIXe siècle, d’y envoyer la population des  bagnes portuaires de Brest, Rochefort et Toulon que l’on a décidé de fermer. Les premiers convois datent de 1852 avant qu’une loi de 1854 organise la « Transportation » des anciens et nouveaux condamnés aux travaux forcés avec l’idée de les faire participer au développement de la colonie à l’exemple de ce que le royaume d’Angleterre avait précédemment réalisé en Australie. Commence alors un siècle d’histoire où le bagne essaime sur tout le territoire avec comme sites privilégiés, les Îles du Salut (dont l’île du Diable) et la rive droite du  Maroni. En 1885, la IIIe République rajoute aux forçats, les multirécidivistes, petits voleurs et malandrins débarqués à leur tour sur le sol guyanais comme « relégués » à vie. Peu concluante en terme de développement, l’expérience donne  satisfaction à ceux qui voit  le sol métropolitain ainsi débarrassé d’une partie de ses mauvais sujets. Pourtant, au fil des décennies, les misérables conditions d’existence des forçats et des relégués finissent par émouvoir le pouvoir politique. En 1938, un décret-loi du Front populaire met fin à tout nouveau convoi vers la Guyane mais il faut attendre 1953 pour que les derniers survivants en reviennent. En un siècle, la colonie aura reçu un peu plus de 50 000 condamnés aux travaux forcés et 17 000 relégués.

Avec

Michel Pierre

Michel Pierre

Agrégé d’histoire et licencié en histoire de l’art et archéologie, Michel Pierre a exercé dans l’enseignement, l’édition, la responsabilité d’institutions culturelles (directeur général des affaires culturelles de la ville de Bordeaux de 1997 à 2001) et la diplomatie. Dans ce cadre il a effectué deux missions de quatre ans à l’Ambassade de France en Algérie dont la dernière comme Conseiller Culturel de 2001 à 2005 avant d’assurer la direction du département de l’Archéologie et de la recherche en sciences sociales au ministère des Affaires étrangères à Paris.

Spécialiste d’histoire coloniale, d’histoire pénale et d’histoire culturelle, il a publié de nombreux articles et ouvrages sur ces sujets.

Par ailleurs, historien de la bande dessinée, ami d’Hugo Pratt , il a également publié quelques titres en complicité avec le créateur de Corto Maltese et continue d’oeuvrer à la valorisation de son oeuvre.

Guyane française, un siècle de terre de bagne (1852-1953)

  • Lundi 18 novembre 2019 - 14 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
  • En présence deMichel Pierre