Winstanley

Winstanley

Winstanley

Kevin Brownlow

Andrew Mollo

1975

95 min.

VOSTF

En Angleterre, en 1649, après la révolution de Cromwell et l'exécution du roi. Un groupe de paysans, les Diggers, menés par Gerrard Winstanley, s'installe sur d'anciens terrains communaux et commence à cultiver la terre, formant une communauté agricole qui repose sur l'égalité pour tous dans le travail…

 

Edition 2023 :

 

« Aussi séduisante ait-elle été, l’utopie réalisée des Diggers se solda par un échec, scellé par les dernières images du film : celles des ruines de leur campement et de la colline Saint-George pareillement ensevelis sous la neige. À quoi tient cette faillite selon Winstanley ? D’abord aux assauts répétés dont la communauté égalitaire de la colline Saint-George a fait l’objet. Le film consacre en effet plusieurs séquences caméra à l’épaule aux violences commises contre les Diggers par des bandes armées diligentées par les propriétaires fonciers. S’en prenant tant à leurs fragiles demeures – les mettant à bas, les incendiant – qu’aux partisans de Winstanley eux-mêmes – certains sont brutalement frappés –, les hommes de main entretiennent un climat de terreur usant la volonté des Diggers. À ces raids brutaux s’ajoutent d’incessantes tracasseries juridiques – on voit ainsi Winstanley déféré devant des autorités judiciaires hostiles – rendant encore un peu plus pénible l’existence des Diggers. Certainement sapée par l’action de puissantes forces antagonistes, leur révolution échoue aussi du fait d’une contradiction idéologique interne.

Certainement favorable, le regard porté par Kevin Brownlow et Andrew Mollo sur la révolte de la colline Saint-George n’en est pas moins critique. Puisque Winstanley affirme in fine que c’est faute d’avoir renoncé à la tutelle divine – peut-être la plus coercitive de toutes les dominations, car la plus intériorisée – que les Diggers ont échoué. Autant dire qu’en ces débuts tourmentés du XXIe siècle, notamment marqués par un retour en force du religieux, la réflexion historique et politique au cœur de Winstanley demeure d’une brûlante actualité... » – DVD Classik

Edition 2017 :

« Faisant preuve de la même minutie qu’ils avaient manifestée pour concrétiser leur fiction d’une Angleterre occupée par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale dans It Happened Here/En Angleterre occupée, 1964, Kevin Brownlow et Andrew Mollo se retrouvent pour reconstituer l’odyssée sociale et philosophique d’un groupe d’Anglais et de leur chef spirituel à l’époque de Cromwell. Ce qui était investigation du possible dans le premier film devient ici illustration d’une utopie qui avait pu – brièvement – s’incarner dans l’Histoire. Le film opère une double plongée dans le passé. Par son sujet d’abord. Mais aussi par sa forme qui se veut explicitement une résurrection de certaines tendances stylistiques du cinéma muet et un hommage à quelques uns de ses plus grands artistes (Gance, Dreyer, Eisenstein ; la musique de Prokofiev pour Alexandre Nevski est même reprise ici dans la bande sonore). Inutile de rappeler que Kevin Brownlow est l’un des meilleurs connaisseurs du cinéma muet (cf. son livre La Parade est passée, Actes Sud/Institut Lumière, 2011 1968). Dans Winstanley, un formalisme très insolite, qui pourrait être fastidieux, réussit pourtant à convaincre, car il est le fruit d’une véritable passion archéologique pour l’histoire d’un pays et d’un art. » – Jacques Lourcelles, Dictionnaire du Cinéma, tome 3.

 

En reconstituant cinématographiquement un épisode rapidement refoulé puis longtemps méconnu de l’histoire anglaise du XVIIe siècle – y compris au Royaume-Uni même –, les réalisateurs de En Angleterre occupée(1965) participèrent activement de la remise en avant d’une expérience durant laquelle « l’utopie a semblé devenir vraie » pour reprendre une formule de l’historienne française Michèle Riot-Sarcey. Une entreprise de collectivisme intégral qui, si elle fut finalement mise en échec, demeura néanmoins tapie dans l’imaginaire politique révolutionnaire. Et qui finit par resurgir durant les années 1960 au sein de certaines fractions de la gauche protestataire étasunienne ou britannique : les unes et les autres s’inspirèrent des Diggers, tout en actualisant leur communisme chrétien selon une optique athée et libertaire. Il s’agit, dans cette Angleterre libérée de la monarchie, et ainsi que l’écrit Winstanley lui-même, de désormais “tout faire comme un seul homme, travailler tous ensemble et manger tous ensemble comme les fils d’un même père que nous sommes, membres d’une même famille.” C’est cette réalisation d’un “sujet collectif” par les Diggers que met en images le film de manière puissamment évocatrice. Le travail en commun de la terre est ainsi magnifié en une série de plans iconiques montrant les silhouettes de semeurs ou de faucheurs assemblés en un même effort, se détachant sur les contreforts de la colline Saint-George. » – DVD Classik

 

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Kevin Brownlow

Andrew Mollo

Année

1975

Durée

95 minutes

Date Sortie française

Mercredi 3 novembre 1976

Auteur(s) / Scénario

Kevin Bronlow, Andrew Mollo

Format de diffusion

DVD

Détails

Interprètes

Miles Halliwell (Gerrard Winstanley), Jerome Willis (Lord Fairfax), Terry Higgins (Tom Haydon), Phil Oliver (Will Everard), David Parson Platt…

D'après

D'après le roman de David CauteImage

Direction photographie

Ernest Vincze

Montage

Sarah Ellis

Couleur

N&B

Production

BFI Production

Distributeur

British Film Institute

Son

Peter Harvey

Producteur(trice)

Kevin Bronlow, Andrew Mollo

Pays

Grande Bretagne

Critiques

Winstanley

  • Mardi 21 novembre 2023 - 16 h 30

  • Cinéma Jean Eustache

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