Ukamau

Ukamau

Ukamau

Jorge Sanjinés

1966

75 min.

VOSTF

Alors que son mari se rend au marché, une paysanne est violée et assassinée. L’homme entreprend de se venger…

« Notre cinéma qui […] se préoccupe de la cause sociale, a eu comme ambition la construction d’un matériau cinématographique pouvant servir à la lutte historique du peuple pour sa libération aussi bien interne qu’externe. » – Jorge Sanjinés 

Jorge Sanjinés pratique un cinéma de la dénonciation, dramatisant des faits réels, faisant appel à des acteurs non professionnels. Dans ses films on observe un soin particulier porté à l’intelligibilité de la narration, s’inspirant de Jorge Ruiz (cinéaste bolivien des années 50) dans l’enchevêtrement de fiction et réalité. Les inventions formelles, même limitées, font néanmoins état de conditions de production souvent extrêmement modestes. Son premier court-métrage personnel (il avait déjà dirigé des films de commande) s’appelle Revolución (1963), et d’après Mikel Luis, il s’agit d’un film muet, véritable « hommage aux luttes populaires avec une lecture universaliste et une langage en syntonie avec les avant- gardes soviétiques des années vingt ». En 1966, Sanjinés dirige Ukamau (que l’on peut traduire en langue indienne aymara par « c’est comme ça ») avec la même équipe. Il s’agit du premier film tourné en aymara, et il retrace ’histoire d’un paysan habitant près du lac Titicaca qui cherche à venger la mort de sa femme. La thématique de la vengeance per- met de confronter deux personnages emblématiques de deux stades de la culture : l’assassin, un métis et Andrés Mayta, le paysan aymara. Le film s’articule autour de cette opposition et les deux sphères (aliénation/ proximité avec ses racines) sont reliées par un leitmotiv sonore. La flûte andine est ce qui va réunir les deux hommes et signifier le renversement de situation au moment de la vengeance effective d’Andrés Mayta. Ukamau connaît un succès critique international (Cannes, Locarno), mais les autorités le considèrent comme un film subversif. Alors qu’ils présentent le film dans des festivals, Sanjinés et quelques assistants de son équipe sont congédiés de l’Institut du Cinéma Bolivien. L’ICB doit fermer ses portes en 1968, puisque personne n’est assez qualifié dans le pays pour le gérer. C’est alors que naît le groupe Ukamau, formé autour du cinéaste Sanjinés, par le scénariste Oscar Soria, le chef-opérateur Antonio Eguino, le producteur Ricardo Rada et le musicien Alberto Villalpando, avant d’accueillir Antonio Eguino et d’autres. Le groupe Ukamau entreprend la production du film le plus célèbre du groupe, Yawar Mallku (Le Sang du condor), qui sort en 1969.

Gabriella Trujillo

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Jorge Sanjinés

Année

1966

Durée

75 minutes

Auteur(s) / Scénario

Óscar Soria

Format de diffusion

Fichier Numérique

Détails

Interprètes

Avec Vicente Verneros Salinas (Andrés Mayta), Benedicta Huanca (Sabina), Néstor Cárdenas (Rosendo Ramos), Benedicta Mendoza (Encarna)…

Direction photographie

Genaro Sanjinés, Hugo Roncal

Montage

Jorge Sanjinés

Couleur

N&B

Distributeur

Fundación Grupo Ukamau

Musique

Adalberto Villapando

Son

Constante A. Colombo

Producteur(trice)

Nicanor Jordán Castedo

Pays

Bolivie

Critiques

 

Ukamau

  • Jeudi 21 novembre 2019 - 15 h 30

  • Cinéma Jean Eustache
Réserver en ligne

Ukamau

  • Samedi 23 novembre 2019 - 18 h 10

  • Cinéma Jean Eustache
Réserver en ligne

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