Que Viva Mexico!

Que Viva Mexico

Que Viva Mexico!

Sergueï M. Eisenstein

1932

88 min.

VOSTF

En un prologue, un épilogue et 4 épisodes, chroniques d’une population mexicaine asservie, mais qui embrasse les idéaux de la révolution de 1910…

Décembre 1930. Sergeï Eisenstein, accompa- gné de Grigori Alexandrov et du chef opéra- teur Edouard Tissé se rend au Mexique pour y tourner son nouveau film, projet né de sa fas- cination pour le pays. Eisenstein au Mexique ! Quel tortueux destin a donc conduit le cinéaste vers cette improbable – le concernant destination ? Un an plus tôt, Eisenstein acceptait l’invitation du studio américain Paramount. Le Cuirassé Potemkine, sorti sur les écrans américains à la fin des années 1920, a fait l’effet d’une bombe. Des personnalités telles que David O. Selznick (futur producteur d’Autant en emporte le vent) ne tarissent pas d’éloges sur le film et la carrière d’Eisenstein semble pour un temps emprunter la voie de glorieux prédécesseurs tels que Lubitsch ou Murnau. Très vite, pourtant, l’enthousiasme cède la place à l’incompréhension mutuelle. Les premiers projets d’Eisenstein, dont l’adaptation d’Une tragédie américaine, le roman de Theodor Dreiser, sont refusés pour « dissenssions » idéologiques. Sur les conseil de Chaplin, Eisenstein se tourne vers l’écrivain Upton Sinclair, personnalité-clé des États-Unis du début du siècle. Se définissant comme socialiste, Sinclair s’est fait connaître en 1906 avec The Jungle, état des lieux sans concession de l’industrie du conditionnement de la viande. En 1919, The Brass Check, consacré au muckrackink journalism (journalisme à sensation) suscite le premier code d’éthique adopté par la profession. Marié à Mary Craig Kimbrough, venue d’une riche famille du Sud, Sinclair est un paradoxe ambulant : socialiste, richissime, apôtre de l’abstinence sexuelle et avide d’étendre à la politique l’influence qu’il possède déjà sur les lettres américaines. Il soutient d’emblée le projet d’Eisenstein sur le Mexique. Il faut imaginer cet étrange équipageEisenstein, Alexandrov, Tissé –, rien moins que déphasé, littéralement irradié par la réalité, le soleil et les violents contrastes du Mexique, accueilli par un aéropage d’artistes parmi lesquels le peintre Diego Rivera, qui vient d’épouser Frida Kahlo. Eisenstein parcourt le pays durant sept mois, alors qu’au loin, en URSS, Staline l’a publiquement dénoncé comme un « déserteur qui a rompu avec sa patrie. » Il ne pourra malheureusement pas mener à terme son essai baroque (et fondateur, le cinema novo brésilien saura s’en souvenir, sans parler du Kazan de Viva Zapata) sur le Mexique. Devenu encombrant pour Sinclair, qui brigue le poste de gouverneur de Californie et subit l’influence de sa femme, Eisenstein doit interrompre le tournage et rentrer aux États- Unis. Dépossédé du négatif par Sinclair et ses associés, Eisenstein repart en URSS – un retour d’exil plus qu’incertain et lourd de menaces – et, traumatisé par l’expérience, ne tournera plus pendant trois ans.

– Boris Barbiéri

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Sergueï M. Eisenstein

Année

1932

Durée

88 minutes

Date Sortie française

Mercredi 11 mai 1955

Auteur(s) / Scénario

Serguei M. Eisenstein, Grigori Alexandrov

Détails

Interprètes

Avec Martín Hernández (Sebastian), Sara García (la fiancée de Sebastian), Julio Saldívar (le maître de l’hacienda), Isabel Villaseñor (Maria), Félix Balderas (le frère de Sebastian)…

Direction photographie

Edouard Tissé, Gabriel Figueroa

Couleur

N&B

Distributeur

Arkeion

Producteur(trice)

 Upton Sinclair, Mary Craig Sinclair, Kate Crane Gartz, S. Hillkowitz, Otto Kahn

Pays

Mexique USA

Critiques

 

Que Viva Mexico!

  • Jeudi 21 novembre 2019 - 16 h 50

  • Cinéma Jean Eustache
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Que Viva Mexico!

  • Lundi 25 novembre 2019 - 11 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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