Notre pain quotidien

Notre pain quotidien

Notre pain quotidien

Our Daily Bread

King Vidor

1934

74 min.

VOSTF

Afin de fuir la pauvreté et le chômage, John et Mary Sims s’installent dans une ferme hypothéquée dans la campagne environnante. Agriculteurs amateurs, ils recrutent des travailleurs selon leurs compétences et décident de former une coopérative agricole. Cette communauté balbutiante et fragile devra faire face à de nombreuses difficultés…

 

Edition 2023 :

 

King Vidor prolonge avec Notre pain quotidien l’inspiration de Murnau et de ses œuvres séminales sur l’opposition ville / campagne : L’Aurore (1927) et City Girl (1930). Ce dernier, par sa puissance tellurique également très présente chez Vidor, servira de matrice, avec la demeure de Géant, aux Moissons du ciel (1978) de Terrence Malick.

« Le film est en quelque sorte la suite de La Foule (1928). Les deux héros (qui portent le même nom que dans La Foule) vivent ces années de misère et de famine qu’a connues l’Amérique après 1929. Ce sujet ne plaisant pas aux grandes compagnies, Vidor le finance lui-même et obtient, avec l’aide de Chaplin, un contrat de distribution des Artistes Associés. Notre pain quotidien est ainsi l’un des premiers films américains indépendants. Tout en traitant une actualité immédiate concernant l’Amérique entière, Vidor réalise aussi un parfait film d’auteur. En 74 minutes, le film, tourné à l’économie, offre un condensé brillant et abouti de l’univers vidorien. Une part d’épopée (avec la superbe séquence de la construction du canal, l’une des plus belles qu’ait réalisées Vidor) et une part d’utopie.

Utopie chaleureuse, apolitique, assez précise cependant dans ses tenants et ses aboutissants. Ajoutons-y des chants, des prières, un personnage à résonance biblique comme les aime Vidor, sans oublier la blonde tentatrice Sally, image toujours redoutée des dangers de la ville opposée à une campagne édénique. Le film présente enfin ce mélange de force tellurique et de fluidité narrative qu’on retrouvera tout au long de l’œuvre du réalisateur. » – Jacques Lourcelles, Dictionnaire des films

 

Edition 2018 :

« Sorti en 1934, Notre pain quotidien est, avec Les Raisins de la colère, un des rares films traitant directement de la Grande Dépression aux États-Unis. Il dépeint une Amérique qui tente de faire face à la crise économique tout en mettant en pratique l’esprit du New Deal.
Au début des années 30, King Vidor découvre l’article d’un professeur d’université dans le Reader’s Digest « qui, pour résoudre le problème du chômage, proposait l’organisation de coopératives ». En pleine Dépression, l’arrivée du président Franklin D. Roosevelt au pouvoir et son programme économique le New Deal au début de l’année 1933 nourrissent de grands espoirs. Les cent premiers jours de son mandat constituent une période d’effervescence politique et intellectuelle. C’est un déferlement d’idées et de réformes que propose le gouvernement. Le « retour à la terre » est l’une de ces promesses pour remédier à la crise que traverse la paysannerie américaine. King Vidor va rencontrer de grandes difficultés pour financer son film. Après quatre mois d’écriture, tous les studios refusent le projet. Il finit par hypothéquer sa maison et emprunter en nom propre, grâce au soutien de Charlie Chaplin et de son studio United Artists. Il reprend les personnages de John et Mary Sims, de son film La Foule, sorti en 1928, prolongeant le destin d’un homme et d’une femme en ville, puis à la campagne, avant et pendant la Dépression.
John et Mary décident de quitter New York. Ils emménagent dans une ferme et imaginent à la campagne une « nouvelle Arcadie » : une coopérative fondée sur l’entraide, le troc, l’échange de savoir-faire et non plus sur l’argent. L’idéologie et le discours du cinéaste résonnent avec les grands mythes de l’Amérique tout en mettant l’accent sur les valeurs collectives, sur l’exaltation du common man, du héros américain en tant qu’individu mais aussi comme membre d’une communauté.
Notre pain quotidien est donc l’un des premiers films américains qui aborde directement la Grande Dépression. Pourtant, le cinéma de fiction n’ignore pas la crise et constitue un baromètre pertinent de l’état de la société. Le studio Warner, en particulier, emprunte à l’époque ses sujets à l’actualité. Parmi ces films sociaux, citons American Madness de Frank Capra (1932) sur la crise bancaire, Je suis un évadé (1932) de Mervyn LeRoy sur le destin d’un vétéran devenu hors-la-loi, ou encore Les Mendiants de la vie (1930) sur l’errance de vagabonds dans les trains de marchandises. Selon Jean-Loup Bourget, ces œuvres ne dénoncent pas seulement les maux de l’Amérique, mais « proposent une interprétation cohérente de la Dépression » mettant en lumière l’idéologie rooseveltienne comme moyen d’y remédier. » – Frédérique Ballion, Ciné-dossier n°2, « 1918–1939, la drôle de paix » – Festival international du film d’histoire.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

King Vidor

Année

1934

Titre original

Our Daily Bread

Durée

74 minutes

Date Sortie française

Vendredi 12 octobre 1934

Auteur(s) / Scénario

Elizabeth Hill, Joseph L. Mankiewicz

Format de diffusion

DCP

Thématiques abordées par le film
Crise de 1929
Détails

Interprètes

Avec Karen Morley (Mary Sims), Tom Keene (John Sims), John Qualen (Chris), Barbara Pepper (Sally), Addison Richards (Louie), lloyd Ingraham (Oncle Anthony)…

D'après

D'après D’après une histoire de King Vidor

Direction photographie

Robert Planck

Montage

Lloyd Nosler

Couleur

N&B

Production

Viking Productions

Distributeur

Théâtre du Temple, ARDC

Musique

Alfred Newman

Son

Vinton Vernon

Producteur(trice)

King Vidor

Pays

Etats-Unis

Critiques

 

Notre pain quotidien

  • Mardi 21 novembre 2023 - 10 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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Notre pain quotidien

  • Jeudi 23 novembre 2023 - 16 h 50

  • Cinéma Jean Eustache
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Notre pain quotidien

  • Lundi 27 novembre 2023 - 18 h 20

  • Cinéma Jean Eustache
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