Les Bienheureux

les bienheureux

Les Bienheureux

Sofia Djama

2017

102 min.

VF

« J'étais lycéenne pendant la guerre civile. Je me rappelle avoir eu peur. Paradoxalement, ce furent les meilleures années de ma vie. Chaque jour, nous célébrions notre ardent désir de vivre : nous allions à la plage, faisions la fête, c’était notre façon de dire "Non". Au fil du temps, la mort s’est banalisée. À la fin des années 90, les meurtres se sont arrêtés. C'était le début de « l'Accord Civil » : les criminels repentants sont sortis de leurs cachettes et sont revenus à la vie civile dans la plus totale impunité. L'ère Bouteflika avait commencé. La guerre civile semblait lointaine mais avec les attentats à la bombe, le régime a renforcé sa dictature au nom de la sécurité de l'État. Notre rêve de démocratie était définitivement brisé. L'amertume et la désillusion se sont installées dans le cœur des Algériens.

J'ai voulu montrer les conséquences de cette politique sur la vie privée des gens, le manque de désir et le cynisme profond, et j'ai choisi les points de vue de deux générations : celle d’adultes, qui avaient 20 ans en octobre 1988 ; et celle de leurs enfants qui avaient 20 ans en 2008 (ma génération). Contrairement à leurs aînés, ils continuent de rêver, ils créent leurs propres codes et expriment leur quête d'une façon plutôt maladroite parce qu'on ne leur a pas transmis les connaissances appropriées pour formuler leur combat. Ils sont beaucoup plus lucides que leurs aînés, mais ils sont aussi plus exposés au danger et à la cruauté du régime.

En Algérie, les gens ont du mal à dire les mots “guerre civile“, ils nomment cela “tragédie nationale“ ou encore “décennie noire“. Et chaque fois qu’ils utilisent le mot guerre, ils le font à contre cœur, presque timidement comme s‘ils avaient peur de parler de ça, peur de se souvenir des morts. Pourtant, la guerre est dans l'esprit de tous, aucun de nous n'a été épargné, quel que soit le milieu social. Mon désir était de représenter à l'écran cet état d'esprit de l'après-guerre, d'observer comment ce conflit a construit notre perception, transformé nos attentes, influencé nos priorités, encore aujourd'hui. » Sofia Djama.

Section Orizzonti, Mostra de Venise 2017 : "Prix de la meilleure actrice" pour Lyna Khoudri.

Section Première œuvre de fiction, Festival international du film francophone de Namur 2017.

Compétition, Festival international du Cinéma méditerranéen de Montpellier 2017.

Biographie du réalisateur(rice)

Sofia Djama

Sofia Djama

Scénariste et réalisatrice algérienne, Sofia Djama est née à Oran en 1979. Au début des années 2000, elle obtient sa Licence en Littérature et civilisation au département d'anglais de l’Institut des Lettres et Langues Etrangères de Bouazaréa (Alger et Béjaia), puis débute dans la publicité. Parallèlement, elle se consacre à l’écriture de nouvelles. Alger, où elle vit alors, prend une place primordiale dans son œuvre car la capitale incarne une Algérie contrastée et diverse tel un personnage à part entière. En 2011, elle réalise ses premiers court-métrages dont Les 100 pas de monsieur X et Mollement un samedi matin, une adaptation d'un de ses récits, doublement primé au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand en 2012. Encouragé par ces récompenses, elle se consacre alors à l’écriture de son premier long-métrage, Les Bienheureux.

Films réalisés

  • Les Bienheureux

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Sofia Djama

Année

2017

Durée

102 minutes

Date Sortie française

Mercredi 13 décembre 2017

Auteur(s) / Scénario

Sofia Djama  

Format de diffusion

DCP

Thématiques abordées par le film
Histoire
Détails

Interprètes

 Avec Sami Bouajila (Samir), Nadia Kaci (Amal), Lyna Khoudri (Feriel), Amine Lansari (Fahim), Adam Bessa (Reda)…

Direction photographie

Pierre Aïm

Montage

Sophie Brunet

Couleur

Couleur

Production

Liaison Cinématographique, Artémis Productions, Les films de la source

Distributeur

Bac Films

Son

Jean Umansky

Costumes

Claire Dubien

Décors

Patricia Ruelle

Producteur(trice)

Serge Zeitoun

Pays

France Belgique Qatar

Critiques

Les Bienheureux

  • Mardi 21 novembre 2017 - 21 h 15

  • Cinéma Jean Eustache
  • En présence de Sofia Djama

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Les Bienheureux

  • Samedi 25 novembre 2017 - 14 h 15

  • Cinéma Jean Eustache
  • En présence de Sofia Djama

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