Le Diable n'existe pas

affiche Le Diable n'existe pas

Le Diable n'existe pas

Sheytan vojud nadarad

Mohammad Rasoulof

2020

150 min.

VOSTF

Bande annonce

Biographie du réalisateur(rice)

Mohammad Rasoulof

Mohammad Rasoulof

Né en 1972, à Chiraz en Iran, Mohammad Rasoulof se passionne pour le théâtre dès l’enfance. Après des études de sociologie, il réalise ses premiers courts métrages et documentaires. Son premier film documentaire Gagooman (2002), gagne le Prix du meilleur film au Fajr Film Festival en Iran et le Prix du meilleur documentaire lors de la 6e cérémonie du Iran Cinema House. Après les évènements qui ont suivi l’élection présidentielle iranienne en 2009, il est arrêté, avec Jafar Panahi, alors qu’ils sont en tournage. Condamné à six ans de prison (cinq ans pour rassemblement et connivence contre la sécurité nationale, et un an pour propagande contre le régime), il est acquitté en appel de la première accusation et sa peine est réduite à un an de prison. En 2011, suite à la sélection de son film Au revoir au Festival de Cannes, son interdiction de sortir du pays est levée. En 2013, Les Manuscrits ne brûlent pas est également présenté au Festival de Cannes mais cette fois, son passeport et ses biens personnels sont confisqués à l’aéroport de Téhéran. En septembre 2017, son passeport a été confisqué à l’aéroport de Téhéran, il a été convoqué à un interrogatoire. Pour son film « Un homme intègre », les autorités iraniennes l’accusent « d’activités contre la sécurité nationale » et de « propagande contre le régime » - des chefs d’accusation passibles de six ans de prison.

 

Films réalisés

2017 Un Homme intègre (Lerd)

2013 Les Manuscrits ne brûlent pas (Dastneveshteha Nemisoozand)

2011 Au revoir (Be Omid e Didar)

2009 The White Meadows (Keshtzar haye sepid)

2005 La Vie sur l’eau (Jazireh Ahani)

2002 The Twilight (Gagooman)

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Mohammad Rasoulof

Année

2020

Titre original

Sheytan vojud nadarad

Durée

150 minutes

Date Sortie française

Mercredi 2 décembre 2020

Auteur(s) / Scénario

Mohammad Rasoulof

Format de diffusion

DCP

Thématiques abordées par le film
Drame Islam Politique Prison Société
Détails

Interprètes

Ehsan Mirhosseini (Heshmat), Kaveh Ahangar (Pouya), Mohammad Valizadegan (Javad), Mohammad Seddighimehr (Bahram), Baran Rasoulof (Darya), Mahtab Servati (Nana), Jila Shahi (Zaman), Shaghayegh Shourian (Razieh), Alireza Zareparast (Hasan), Salar Khamseh (Salar), Darya Moghbeli (Tahmineh)  

Direction photographie

Ashkan Ashkani

Montage

Mohammadreza Muini, Meysam Muini

Couleur

Couleur

Distributeur

Pyramide films

Musique

Amir Molookpour

Son

Hasan Shabankareh

Costumes

Afsaneh Sarfejo

Décors

Saeed Asadi

Producteur(trice)

Mohammad Rasoulof, Kaveh Farnam, Farzad Pak

Pays

Iran, Allemagne, République tchèque

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Critiques

Dans le cadre de l’Atelier Critiques du Festival, en collaboration avec le Rectorat de Bordeaux.

Article de Lucia Sibers, élève au lycée Pape Clément, Pessac.
 

Le procès du péché


Un couple marié parents d’une petite fille, un jeune homme qui s’évade de son service militaire, un homme qui rejoint sa copine pour son anniversaire, une jeune fille qui rend visite à des amis de son père. Ainsi sont les quatre tableaux de Le Diable n’existe pas. Quel est le point commun de tous ces protagonistes ? Ils ont tous approché la mort de prés sans jamais la toucher. Le thème macabre de la peine de mort est pourtant invisible dans les premières scènes du film si bien que l’effet de surprise à la fin du premier tableau nous prend à la gorge, lorsque l’on découvre le fameux métier de ce père de famille à première vue admirable. Tout au long de l’œuvre, on perçoit cette volonté de montrer les horreurs de la mort sous une forme d’autant plus humiliante qu'il s'agit de pendaison. Aucune volonté de cacher ou de lisser ces horreurs chez Mohammad Rasoulof, qui préfère montrer des images dures et percutantes sans censure, dans une démarche de véritable provocation d’autant que le réalisateur est actuellement condamné par le gouvernement iraquien à cause de l’authenticité qui se dégage du film, ce qui prouve bien l’importance de son impact. Sans oublier la dimension blasphématoire du titre dans un pays très religieux.

Chaque tableau alterne scènes émouvantes pleines de joie et déclarations ou images glaçantes. L’air du chant révolutionnaire « Bella Ciao » résonnant pendant une scène d’échappée belle ou l'air arabe répétant « embrasse moi » durant la scène de préparation dansante d’un repas, donnent une nouvelle bouffée d’espoir dans l’ambiance dure et réaliste, qui nous relance de nouveau dans l’intrigue. Ainsi, nous sommes maintenus dans un état de suspense qui nous empêche de nous ennuyer, malgré la durée importante du film. Rasoulof crée également un puissant décalage en filmant les belles Baran Rasoulof (Darya) et Mahtab Servati (Nana) dans des décors de misère telles qu’un paysage désertique et marécageux ou une maison en ruine au cœur d’une forêt.

Le scénario est basé en grande partie sur l’idée de la relativité du bien et du mal. Qui devons-nous déclarer coupable ? Le film met en scène des personnages aux situations complexes qui nous empêchent de prendre parti, montrant la réflexion derrière le scénario. Le spectateur est plongé dans un no man's land où des personnages responsables d’actions odieuses se révèlent attachants et s’affrontent. Le spectateur se retrouve alors déchiré et ne sait qui condamner. Le dilemme s’étend ainsi jusque dans la salle, ce qui témoigne de la force du film.

Le Diable n'existe pas

  • Mardi 16 novembre 2021 - 18 h 30

  • Cinéma Jean Eustache
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Le Diable n'existe pas

  • Dimanche 21 novembre 2021 - 10 h 30

  • Cinéma Jean Eustache
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