Le Bouton de Nacre

Bouton

Le Bouton de Nacre

El Boton de Nacar

Patricio Guzmán

2015

82 min.

VOSTF

A travers l’histoire de boutons découverts près des côtes chiliennes, surgit la parole des indigènes et celles des premiers navigateurs.

Le Bouton de nacre peut se lire comme le second volet d’un dyptique entamé en 2010 avec Nostalgie de la lumière. Filmé dans le désert d’Atacama au nord du Chili, il se révé- lait être un essai cinématographique complexe, entremêlant questionnements à la fois scien- tifiques et philosophiques, et témoignages de la dictature de Pinochet. Guzmàn choisit avec Le Bouton de nacre de déplacer ce dispositif à l’extrême sud du Chili, en Patagonie, immense archipel d’îles et de fjords porteur d’une histoire tourmentée. L’eau fonctionne ainsi comme fil conducteur, point de départ et d’ancrage du film, reliant différents niveaux de narration : l’eau en tant que composante du cosmos « pont entre les étoiles et nous », et comme élément fondateur des « peuples de l’eau », premiers habitants de Patagonie. Le cinéaste nous apprend que ces ethnies partageaient avec l’eau un lien profond, l’océan étant constitutif de leur identité. Patricio Guzmàn soulignera plus tard dans le film que les Chiliens ont perdu ce lien originel. Il ne reste désormais qu’une vingtaine de descendants de ces ethnies, progressivement éliminées après l’arrivée des colons, chercheurs d’or et missionnaires dans les  années  1880.  Les dernières populations « indigènes » seront exterminées au cours du XXe siècle lors de battues humaines. Nous découvrons que l’un d’entre eux, Jeremy Button, fut renommé ainsi par un capitaine qui  l’avait  emmené en Angleterre à des fins « civilisatrices » en échange d’un bouton de nacre… Patricio Guzmàn a alors entrepris pour le film un travail de recherche des derniers survivants, une vingtaine tout au plus, considérés par le gouvernement actuel comme des « trésors humains vivants ». Ponctué par des entretiens avec ces survivants, ainsi qu’avec d’autres intervenants, le film déroule ainsi peu à peu son sens singulier du montage, où des plans absolument maîtrisés de glaciers, fjords ou installation artistique côtoient des images d’archives commentées par le réalisateur. Une des plus belles séquences du film est peut- être celle où le cinéaste fait revivre la langue kawésqar en demandant à sa dernière descendante de se souvenir de certains mots. L’eau s’y fait ici conductrice de mémoire et tient lieu, dans la seconde partie, de révélateur des atrocités de la dictature chilienne. Le deuxième bouton de nacre du film est en effet celui retrouvé sur des morceaux de voies ferrées servant à lester les corps des victimes et prisonniers politiques jetés à l’océan. La force et l’acuité du Bouton de nacre réside alors dans cette navigation entre temps, voix et formes, tout se répond. Dépassant le simple travail de mémoire, en mêlant histoire personnelle, collective et universelle, il offre une forme visuelle novatrice et sidérante de justesse. Juliette Chartier, Fiches du cinéma

Biographie du réalisateur(rice)

Patricio Guzman

Patricio Guzmán

Patricio Guzmán est né en 1941 à Santiago du Chili. Il a étudié à « l’Ecole Officielle de l’Art Cinématographique», à Madrid. Il dédie sa carrière au film documentaire. Ses films, présentés dans de nombreux festivals, sont reconnus internationalement.

Entre 1972 et 1979, il réalise La Bataille du Chili, une trilogie de cinq heures sur le gouvernement de Salvador Allende et sa chute. Ce film fonde les bases de son cinéma. La revue nord-américaine CINEASTE le nomme parmi « les dix meilleurs films politiques du monde ».

Après le coup d’État de Pinochet, il est arrêté et enfermé pendant deux semaines dans le Stade National, où il est menacé à plusieurs reprises par des simulacres d’exécution. En 1973, il quitte le Chili et s’installe à Cuba, puis en Espagne et en France, mais reste très attaché à son pays et son histoire.

Il préside le Festival International de Documentaire à Santiago du Chili (FIDOCS) qu’il a créé en 1997.

La Cordillère des songes, présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2019, clôt une trilogie débutée avec Nostalgie de la lumière (Cannes 2010) et Le bouton de nacre (Berlin 2015).

Films réalisés

2019 – LA CORDILLIERE DES SONGES

2015 - LE BOUTON DE NACRE

2010 - NOSTALGIE DE LA LUMIÈRE

2005 - MON JULES VERNE

2004 - SALVADOR ALLENDE

2001 - LE CAS PINOCHET

1997 - CHILI, LA MÉMOIRE OBSTINÉE

1995 - LES BARRIÈRES DE LA SOLITUDE

1992 - LA CROIX DU SUD

1987 - AU NOM DE DIEU

1983 - LA ROSE DES VENTS

1972-1979 - LA BATAILLE DU CHILI I-II-III

 

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Patricio Guzmán

Année

2015

Titre original

El Boton de Nacar

Durée

82 minutes

Date Sortie française

Mercredi 28 octobre 2015

Auteur(s) / Scénario

Patricio Guzmán

Format de diffusion

DCP

Détails

Direction photographie

Katell Djian

Montage

Patricio Guzmán, Emmanuelle Joly, Jean-Jacques Quinet

Couleur

Couleur

Coproduction

Adrien Oumhani

Distributeur

Pyramide Distribution

Musique

Miranda & Toba

Son

Alvaro Silva Wuth

Producteur(trice)

Renate Sachse, Bruno Bettati, Fernando Lataste, Jaume Roures

Pays

France Chili Espagne

Critiques

 

Le Bouton de nacre

  • Mercredi 20 novembre 2019 - 14 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
Réserver en ligne

Le Bouton de nacre

  • Lundi 25 novembre 2019 - 18 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
Réserver en ligne

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