La Chartreuse de Parme

"La Chartreuse de Parme" de Christian-Jacque

La Chartreuse de Parme

Christian-Jacque

1948

170 min.

VF

Fabrice del Dongo, don Juan impénitent, tombe amoureux de Clelia Conti, alors que sa tante et protectrice, la Duchesse Sanseverina, brûle d'amour pour lui. Mais Ernest, le monarque fou, œuvre également dans l’ombre, secondé par le sinistre Rassi…

Lorsquil sengage à suivre larmée napoléonienne lors de la campagne dItalie (1800-1801), Stendhal ne sait pas encore que de lautre côté des Alpes lattend une nouvelle patrie. Il s’écoulera près de quarante ans avant l’écriture de La Chartreuse de Parme(conçu dans la fièvre – 52 jours à peine, du 4 novembre au 25 décembre 1838 – et un véritable bonheur d’écrire), mais Stendhal na oublié ni lItalie, dont il est tombé amoureux dès sa première visite, ni Napoléon, qui est ici, pourtant, associé à la défaite de Waterloo et à la première grande désillusion du fougueux Fabrice Del Dongo. Comme son héros, Stendhal aura passé sa vie à courir après le bonheur, à accumuler les conquêtes et les revers – en amour comme dans ses rêves de gloire. Une part de la logique de cette trajectoire vers le renoncement et la nuit sest donc communiquée à Fabrice dans ce roman daction aux rebondissements multiples. Les intrigues, de palais, de cour, de roman, viennent elles aussi en écho à la biographie personnelle de Stendhal. Mais Fabrice possède la beauté et le charisme qui font défaut à l’écrivain et les conquêtes de son jeune héros, même promis à une issue tragique, sont un baume au cœur de Stendhal.

Un siècle (et quelques années) plus tard, Fabrice trouve en Gérard Philipe une parfaite incarnation. Le rôle, immédiatement après celui du Diable au corps(1947) va limposer définitivement en tant que vedette au magnétisme imparable. Le film connaît à sa sortie un succès foudroyant (6 millions de spectateurs) qui surpasse encore celui du film dAutant-Lara. Un succès de scandale, aussi, puisque les exégètes de Stendhal ne manquent pas de crier à la trahison : tout le début du roman ainsi que la bataille de Waterloo sont en effet absents. En revanche, Christian-Jaque et ses scénaristes[1]ont parfaitement exploité le caractère d’ « intrigues à rebondissement » du roman, magnifié par la photographie de Nicolas Hayer[2]. La dimension tragique, aussi, avec lincandescente Sanseverina de Maria Casarès. Une œuvre dartisan où larchitecture globale comme le sens du détail se sont communiqués à tous les éléments de la mise en scène.

 

[1]                     Notamment Pierre Véry, dont le cinéaste avait merveilleusement servi les romans dans Les Disparus de Saint-Agil(1938) et L’Assassinat du Père Noël(1941).

[2]                     Le Corbeaud’Henri-Georges Clouzot, 1943.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Christian-Jacque

Année

1948

Durée

170 minutes

Date Sortie française

Vendredi 21 mai 1948

Auteur(s) / Scénario

Christian-Jacque, Pierre Jary, Pierre Very

Format de diffusion

DVD

Détails

Interprètes

Gérard Philipe (Fabrice del Dongo), Maria Casarès (la duchelle Gina de Sanseverina), Renée Faure (Clelia Conti), Louis Salou (le prince Ernest IV), Lucien Coëdel (Rassi)…

D'après

D'après Stendhal

Direction photographie

Nicolas Hayer

Montage

Jacques Desagneaux

Couleur

N&B

Production

Les films André Paulvé

Coproduction

Scalera Film

Distributeur

SND

Musique

Renzo Rossellini

Son

Jacques Lebreton

Costumes

Georges Annenkov

Décors

Jean d'Eaubonne

Producteur(trice)

André Paulvé

Pays

France-Italie

Critiques

 

La Chartreuse de Parme

  • Mardi 16 novembre 2021 - 15 h 10

  • Cinéma Jean Eustache
Réserver en ligne

La Chartreuse de Parme

  • Vendredi 19 novembre 2021 - 20 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
Réserver en ligne

Le programme du Festival 2021

Le programme du Festival du film d'histoire 2021

Télécharger le programme