Carnets de voyage

Carnets de voyage

Carnets de voyage

Diarios de motocicleta

Walter Salles

2004

126 min.

VOSTF

Argentine, décembre 1952. Deux étudiants en médecine, Alberto Granado et le futur « Che » Guevara, partent à moto faire le tour de l’Amérique du Sud. Ils vont prendre conscience de la réalité d’un monde sans pitié, au contact des Indiens mineurs de cuivres. Pour Ernesto, c’est l’éveil à la politique…

Le 15 mars 1952, alors qu’il laisse derrière lui la mine de Chuquicamata, au Chili, Ernesto Guevara de la Serna consigne dans son carnet : « En quittant cette mine, on a senti que la réalité changeait. »  En fait, c’est aussi Carnets de voyage qui change du tout au tout au moment où Ernesto et son compagnon de voyage Alberto Granado franchissent la frontière chilienne. Ernesto encore, qui écrit dans une lettre à sa mère : « Que perd-on en traversant une frontière ? On se sent tiraillé à chaque instant : mélancolique à cause de ce qu’on laisse et content à la fois d’entrer sur des terres nouvelles. » Paradoxalement, c’est à l’instant où les deux jeunes gens s’aventurent dans des terres et une situation sociale inhospitalières que  leur projet – parcourir à moto environ 12 000 km, de l’Argentine au Vénézuéla – commence véritablement à faire sens. 

On est au milieu du film et ce qui avait commencé comme un récit d’apprentissage aux rebondissements picaresques se transforme en quête existentielle associant l’intimidante majesté des paysages et la compréhension toujours plus douloureuse des lignes de partage qui fracturent le continent. 

Des cartons succincts rythment les étapes du tandem, donnant à chaque fois la date, le lieu et le kilométrage. Ce dernier est spécialement significatif, puisqu’il donne la mesure du chemin parcouru – un chemin qui se compte rapidement en milliers d’unités. Cela et les vastes paysages tendent à écraser les individus, dans des plans d’ensemble qui non seulement soulignent l’exotisme (pour nous, Européens), mais aussi l’étrangeté croissante de ce périple en forme de cheminement intérieur. 

Ce qui donne à Carnets de voyage sa saveur picaresque, c’est par exemple la variété des moyens de transport : de l’antique « Poderosa »  (« la vigoureuse »), un modèle de 1939, filmé comme un personnage à part entière et qui résume la progression cahotique d’Ernesto et Alberto ; au radeau et à l’avion de la fin, sans compter l’auto-stop et la partie du trajet effectuée à pied par tous les temps. 

Mais c’est dans son dernier tiers que le film cerne plus précisément la métamorphose qui s’opère chez Ernesto, ce rêve d’une « Amérique (du Sud) unie », dans le sillage de la pensée bolivarienne. En traversant le fleuve qui sépare les lépreux en fonction du stade plus ou moins avancé de leur maladie, celui qui n’est pas encore le « Che » œuvre à sa manière à la réunion de deux univers en apparence inconciliables. Comme l’affirmait Walter Salles à la sortie du film  « L’Amérique du Sud a, par certains aspects, peu bougé en 50 ans. La mauvaise distribution de la terre, les problèmes structurels sont les mêmes. Le film est donc proche d’un documentaire. » Et c’est cette saveur documentaire, perceptible dans nombre de plans et de rencontres de passage, qui restitue la dimension séminale de ce voyage-apprentissage.

 

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Walter Salles

Année

2004

Titre original

Diarios de motocicleta

Durée

126 minutes

Date Sortie française

Mercredi 8 septembre 2004

Auteur(s) / Scénario

José Rivera

Format de diffusion

35 mm

Détails

Interprètes

Avec Gael García Bernal (Ernesto Guevara de la Serna), Rodrigo de la Serna (Alberto Granada), Mía Maestro (Chichina Ferreyra), Mercedes Morán (Celia de la Serna), Jean-Pierre Noher (Ernesto Guevara Lynch)…

D'après

D'après les récits d’Ernesto Che Guevara et Alberto Granado

Direction photographie

Éric Gautier 

Montage

Daniel Rezende

Couleur

Couleur

Distributeur

Diaphana

Musique

Gustavo Santaolalla

Son

Jean-Claude Brisson

Producteur(trice)

Michael Nozik, Edgard Tenembaum, Karen Tenkhoff

Pays

Argentine Etats-Unis Chili Brésil Allemagne Grande Bretagne Pérou

Critiques

 

Carnets de voyage

  • Mercredi 20 novembre 2019 - 14 h 10

  • Cinéma Jean Eustache
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  • Lundi 25 novembre 2019 - 17 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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