Bacurau

Bacurau Affiche

Bacurau

Bacurau

Kleber Mendonça Filho

Juliano Dornelles

2019

132 min.

VOSTF

Dans un futur proche. Le village de Bacurau, dans le sertão brésilien, fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu sur les cartes…

Bacurau, c’est le nom donné au dernier bus de nuit à Recife, ville côtière du Nordeste au Brésil. Bacurau, c’est ce village qui disparaît de la carte au centre du dernier film de Kleber Mendonça Filho. Bacurau, c’est une limite, une frontière perceptible mais pas toujours visible qui sépare le balisé du hors-piste, la pénombre du cœur de la nuit. C’est dans ce territoire indéfinissable que nous embarque le talentueux réalisateur brésilien (accompagné à la réalisation par Juliano Dornelles, directeur artistique de ses précédents films). Dans ce futur proche du Brésil, il brouille les pistes et inverse les repères avec un western mâtiné de Carpenter, où les blancs Américains sément le chaos. Il dépeint un monde violent et corrompu dont les similitudes avec le Brésil actuel nous troublent, bien que le film ait été écrit avant la conquête du pouvoir de Bolsonaro. Bacurau n’a pas de genre défini, il joue avec les références cinéphiles de son réalisateurs et la culture populaire brésilienne. Mélange parfaitement illustré par les deux chefs de bande : Udo Kier, menant d’une main froide et ferme sa meute de chasseurs américains ; et Sonia Braga, conscience folle et sage d’un village métissé qui rentre en résistance. Ne cherchez pas pour autant de manichéisme dans Bacurau, ni de maxime politique assénée sans nuances. Le Brésil mérite certes aujourd’hui que certaines libertés fondamentales soient rappelées avec simplicité, force et évidence. Mais Kleber Mendonça Filho rajoute à ses impératifs un art du récit résolument moderne dans sa narration, et historique dans son propos. Le film s’ouvre sur un zoom depuis notre planète jusqu’au continent latino-américain (et aux tréfonds du Brésil) : c’est exactement ce que nous entendons faire avec cette trentième édition du Festival International du Film d’Histoire. Kleber Mendonça Filho figure parmi nos invités d’honneur, et c’est avec joie que nous pouvons étudier comment, des Bruits de Recife à Bacurau, en passant par Aquarius, son cinéma résonne avec le fracas brésilien. L’évolution de son œuvre est étonnante, comme si son incursion dans le cinéma de genre correspondait à une ouverture sur l’espace public, à un déplacement en dehors du domestique. En quittant Recife, il ouvre son film à un environnement qui n’a plus rien de ce territoire dangereux cerné par des bruits menaçants. Le village de Bacurau n’a certes qu’une rue mais celle-ci est finalement une pièce parmi d’autres dans cette communauté où un salon fait office de musée historique. Ses habitants, aussi nombreux qu’ils soient (54 personnages dans le film), forment un collectif vibrant que l’on découvre dès les funérailles festives de l’ouverture – soudé jusqu’à cette autre mise en terre qui vient clore le récit. – Victor Courgeon

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Kleber Mendonça Filho

Juliano Dornelles

Année

2019

Titre original

Bacurau

Durée

132 minutes

Date Sortie française

Mercredi 25 septembre 2019

Auteur(s) / Scénario

Kleber Mendonça Filho, Juliano Dornelles 

Format de diffusion

DCP

Détails

Interprètes

Avec Udo Kier (Michael), Sonia Braga (Domingas), Karine Teles (Forasteira), Bárbara Colen (Teresa), Alli Willow (Kate)…  

Direction photographie

Pedro Sotero

Montage

Edouardo Serrano

Couleur

Couleur

Distributeur

SBS

Musique

Mateus Alves, Tomaz Alves Souza

Son

Tiago Picado

Producteur(trice)

Saïd Ben Saïd, Michel Merkt 

Pays

Brésil France

Critiques

 

Bacurau

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Bacurau

  • Dimanche 24 novembre 2019 - 10 h 40

  • Cinéma Jean Eustache
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