Un homme intègre

un homme intègre

Un homme intègre

Lerd

Mohammad Rasoulof

2017

118 min.

DCP

« La peur du pouvoir entraîne une identification à ce même pouvoir (qui viole les droits du peuple). »

Ce point de vue du sociologue américain C. Wright Mills décrit parfaitement les principaux personnages d’Un Homme intègre : un homme et une femme qui, par nécessité, se retirent dans une zone éloignée, vivent de la pisciculture, et finissent par s’identifier à ce même environnement corrompu qu’ils avaient choisi de fuir. Les structures sociales corrompues, au pire, écrasent l’individu, au mieux, font de lui un des maillons de la chaîne de la corruption. Un autre choix est-il possible ?

À ce jour, j’ai produit six films dont aucun n’a été projeté en Iran, le pays auquel mes histoires et moi appartenons. Le système de censure a conduit à la fermeture de toutes les salles de cinémas. Les réalisateurs indépendants, c’est-à-dire sans financement de l’État pour leur production, sont perpétuellement en train de chercher un moyen de contourner la censure.

Pour ce film, le rôle principal exigeait la présence d’un acteur très solide. Je savais que ce serait un rôle délicat et que la peur du sujet et de la censure en ferait hésiter plus d’un à accepter ce rôle d’un homme qui n’est pas musulman, et dont la religion n’est pas établie. Aucun de mes amis proches n’a voulu le jouer. À la dernière minute, mon assistant a rencontré un acteur très respecté qui a accepté et a débarqué sur le tournage dès le lendemain, prêt à tourner. Juste avant la première prise, nous nous sommes assis tous les deux dans la voiture pour parler du film. Il avait tout compris. Le personnage, les pièges du rôle. Il connaissait des gens qui avaient vécu ce genre de situations. Il avait accepté le rôle pour pouvoir prendre position face à cette injustice. Il a incarné ce personnage avec beaucoup de sérénité, et sans avoir peur.

L’Iran aujourd’hui souffre du pouvoir religieux qui contrôle le système politique. Dans le film, Reza souffre de la structure engendrée par ce régime. Une structure dans laquelle la pression sociale punit tous ceux qui ne suivent pas la ligne et les valeurs mises en place. Si vous ne montez pas dans le tank, celui-ci finira par vous rouler dessus. Le totalitarisme qui règne en Iran est antinomique avec la liberté de parole et de pensée. Mais il y a de l’espoir. Que le système en place le veuille ou non, le changement social finira par venir. Je veux croire qu’à l’avenir, tout sera différent. Mohammad Rasoulof

Biographie du réalisateur(rice)

Mohammad Rasoulof

Mohammad Rasoulof

Né en 1972, à Chiraz en Iran, Mohammad Rasoulof se passionne pour le théâtre dès l’enfance. Après des études de sociologie, il réalise ses premiers courts métrages et documentaires. Son premier film documentaire Gagooman (2002), gagne le Prix du meilleur film au Fajr Film Festival en Iran et le Prix du meilleur documentaire lors de la 6e cérémonie du Iran Cinema House. Après les évènements qui ont suivi l’élection présidentielle iranienne en 2009, il est arrêté, avec Jafar Panahi, alors qu’ils sont en tournage. Condamné à six ans de prison (cinq ans pour rassemblement et connivence contre la sécurité nationale, et un an pour propagande contre le régime), il est acquitté en appel de la première accusation et sa peine est réduite à un an de prison. En 2011, suite à la sélection de son film Au revoir au Festival de Cannes, son interdiction de sortir du pays est levée. En 2013, Les Manuscrits ne brûlent pas est également présenté au Festival de Cannes mais cette fois, son passeport et ses biens personnels sont confisqués à l’aéroport de Téhéran. En septembre 2017, son passeport a été confisqué à l’aéroport de Téhéran, il a été convoqué à un interrogatoire. Pour son film « Un homme intègre », les autorités iraniennes l’accusent « d’activités contre la sécurité nationale » et de « propagande contre le régime » - des chefs d’accusation passibles de six ans de prison.

 

Films réalisés

2017 Un Homme intègre (Lerd)

2013 Les Manuscrits ne brûlent pas (Dastneveshteha Nemisoozand)

2011 Au revoir (Be Omid e Didar)

2009 The White Meadows (Keshtzar haye sepid)

2005 La Vie sur l’eau (Jazireh Ahani)

2002 The Twilight (Gagooman)

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Mohammad Rasoulof

Année

2017

Titre original

Lerd

Durée

118 minutes

Date Sortie française

mer, 12/06/2017 - 12:00

Auteur(s) / Scénario

 Mohammad Rasoulof

Version langue

VOST

Détails

Interprètes

Avec Reza Akhlaghirad (Reza), Soudabeh Beizaee (Hadis), Nasim Adabi (mère de l’étudiante), Misagh Zare (frère de Hadis), Zeinab Shabani (assistante de Hadis à l’école), Zhila Shahi (femme d’Omid)…

Direction photographie

Ashkan Ashkani

Montage

Mohammadreza Muini, Meysam Muini

Couleur

Couleur

Coproduction

Kaveh Farnam, Rozita Hendijanian

Distributeur

Arp Sélection

Musique

Peyman Yazdanian

Son

Alireza Alavian

Costumes

Saeed Asadi 

Décors

Saeid Asadi

Producteur(trice)

Mohammad Rasoulof

Pays

Iran

Le programme 2017

Tout le programme du festival 2017 en PDF

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