Léo le dernier

Léo le dernier

Léo le dernier

Leo the Last

John Boorman

1970

104 min.

Le prince Leo, dernier rejeton d'un lignage monarchique déclassé, retourne à Londres dans la maison de son père. Mais le quartier est devenu un ghetto essentiellement fréquenté par des Noirs qui vivent dans la misère. Lorsque la jeune voisine de Leo, Salambo, sombre dans la prostitution, celui-ci tente de l'aider...

« Leo the Last est le quatrième film de John Boorman, sorti en 1970 (mais pas en France), et le premier dont il est le scénariste. Il marque aussi son retour en Angleterre, après deux films produits aux États-Unis. Si Le Point de non-Retour brillait par un refus total des conventions cinématographiques (narration éclatée, séquences psychédéliques…), Leo the Last semble aller encore plus loin. Du début du film où une multitude de voix-off s’emmêlent jusqu’aux images de visages multipliées sur les vitraux d’une porte, Boorman fait le choix d’une expérimentation totale, refusant tout réalisme. Au contraire, le film devient rapidement une satire burlesque, excentrique à souhait (la scène où les bourgeois mangent à se faire vomir est la plus significative), laissant le spectateur dans une posture ambiguë face à ce manichéisme entre riches et pauvres dans une même rue.

Marcello Mastroianni (Leo), y est simplement magistral. Un riche héritier face à la vacuité existentielle de son statut, et l’impossible communication avec les « siens », ceux qui partagent sa fortune, mais pas ses aspirations à plus de liberté. Un sujet intemporel, qui peut rappeler par exemple ce à quoi est confronté Clint Eastwood dans Gran Torino : aider ceux dans le besoin pour « grandir », découvrir de nouvelles choses. Il faut voir la scène où Mastroianni brandit un sabre contre les membres de sa famille en disant « Je suis pacifiste », pour mesurer toute la contradiction inhérente à la contestation (celle sociale de Leo, et celle, cinématographique, du réalisateur). Un film qui reflète absolument les espérances de son époque, entre émergence des sous-cultures contestataires et expérimentations  artistiques, et qui doit aussi à une nouvelle façon de concevoir le cinéma héritée de la Nouvelle Vague, entres autres. C’est aussi l’idée que toute révolution ne représente qu’une goutte dans l’océan, comme le laisse penser le dernier échange du film :

–  “Tu as réussi à changer le monde ?”

– “Non, mais j’ai changé la rue.” – Cinéfusion

 

« Cinéaste fascinant autant que controversé, John Boorman tournait en 1970 ce film un brin oublié aujourd'hui et raflait le prestigieux Prix de la mise en scène au Festival de Cannes. Et effectivement, la mise en scène de Boorman se montre d'une inventivité de chaque instant, illustrant à la perfection l'état d'esprit d'un riche héritier renfermé sur lui-même mais ne demandant qu'à appartenir au monde ouvrier qui l'entoure, observateur compulsif à la fois si proche et si éloigné de ses propres voisins dont il scrute l'existence comme le faisait Jimmy Stewart dans Fenêtre sur cour.

Porté par le jeu attachant de Marcello Mastroianni, Léo le dernier étonne toujours autant par la liberté de ton qui est la sienne, tragi-comédie aux incessantes ruptures de ton. » – Sens critique

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

John Boorman

Année

1970

Titre original

Leo the Last

Durée

104 minutes

Auteur(s) / Scénario

William Stair, John Boorman

Version langue

VOSTF

Détails

Interprètes

Marcello Mastroianni (Leo), Billie Whitelaw (Margaret), Calvin Lockhart (Roscoe), Glenna Forster-Jones (Salambo), Graham Crowden (Max)…

D'après

D'après la pièce de George Tabori

Direction photographie

Peter Suschitzky

Montage

Tom Priestley

Couleur

Couleur

Distributeur

Park Circus

Musique

Fred Myrow

Son

John Salter

Producteur(trice)

Robert Chartoff, Irwin Winkler

Pays

Grande Bretagne

Le programme 2017

Tout le programme du festival 2017 en PDF

Télécharger le programme

Léo le dernier

  • Lundi 20 novembre 2017 - 15 h 15

  • Cinéma Jean Eustache
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Léo le dernier

  • Samedi 25 novembre 2017 - 11 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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