Vienne avant la nuit

Vienne avant la nuit

Vienne avant la nuit

Robert Bober

2016

80 min.

DCP

Le documentariste Robert Bober ravive la mémoire de son arrière-grand-père parti de Pologne pour s’installer dans une Vienne moderne et cosmopolite, celle de Stefan Zweig, Joseph Roth, Arthur Schnitzler, à la veille de la montée en puissance du national-socialisme qui mettra fin à cette capitale culturelle…

« Robert Bober, écrivain et réalisateur, est né à Berlin en novembre 1931. Ses parents ont fui l’Allemagne, deux ans plus tard, pour se réfugier en France. De sa famille, originaire de Pologne, filant vers l’Autriche, ne reste que des cendres, des fantômes sans sépulture, des postures figées sur des photographies, ombres portées d’une tragédie collective. Robert Bober part à la recherche de Wolf Leib Fränkel (1853–1929), son arrière-grand-père, refoulé d’Ellis Island, ferblantier à Leopoldstadt, quartier de Vienne ou un habitant sur deux était juif. Il arpente les rues, observe les façades, erre dans le cimetière de Zentralfriedhof pour trouver, parmi les herbes folles et les biches, la tombe de cet aïeul. “Je ne l’ai pas connu. Pourtant, j’ai le sentiment que quelque chose de lui m’a été transmis”, dit-il dans ce très beau film.
Par sa connaissance du yiddish, il déchiffre les archives, pénètre cet univers englouti, s’imagine en petit-fils demandant à ce grand-père bienveillant pourquoi Dieu a créé les ténèbres. Sa lecture familière de Stefan Zweig, Joseph Roth, Arthur Schnitzler, écrivains de la lucidité, guident ses pas.
Dès la Libération, l’Autriche a réussi à s’octroyer le statut de “victime du nazisme” alors qu’elle avait acclamé Hitler et offert le plus fort contingent de personnel dans les camps de concentration. À Vienne, si présentable, si cultivée, trône toujours la statue de son ancien maire, Karl Lueger, inspirateur du Führer, dans une ville où Arthur Schnitzler n’est honoré nulle part… “Le passé, dit Robert Bober, ce passé-là surtout, a besoin de notre mémoire et les morts de notre fidélité.”
Depuis longtemps, Robert Bober, ami de Georges Perec, signant les magnifiques documentaires littéraires de Pierre Dumayet, homme de grande sensibilité, écrivain délicat et précis, chemine au cœur de ces tourments sans réponse. Sa voix très douce nimbe ce film intime, introspection tragique, méditation poétique, d’où sortent de terribles vérités. Sans lui apporter de consolation… » – La Croix

« Le film est moins un documentaire stricto sensu qu’un essai libre et composite, puisant à différentes sources d’archives textuelles, iconographiques et filmiques pour reconstituer une forme de généalogie personnelle. Bober s’identifie pleinement et intimement à cette culture qu’il exhume. Sa voix off fait résonner un texte à la tonalité intime et mélancolique, établissant de nombreuses passerelles entre mémoire et histoire, comme autant de strates dans la “recollection” du temps. À cela s’ajoutent des images tournées au présent par l’auteur, comme par exemple ce beau moment suspendu au cimetière central de Vienne, où, dans le calme le plus complet, une biche s’invite entre deux rangées de tombes délabrées. » – Le Monde

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Robert Bober

Année

2016

Durée

80 minutes

Date Sortie française

Mercredi 29 novembre 2017

Auteur(s) / Scénario

Robert Bober

Version langue

VOSTF

Thématiques abordées par le film
Entre-deux-guerres
Détails

Direction photographie

Giovanni Donfrancesco

Montage

Catherine Zins

Couleur

Couleur

Production

Michael Eckelt, Estelle Fialon, Gabriele Kranzelbinder

Distributeur

Vendredi Distribution

Son

Benjamin Bober

Pays

France/Autriche/Allemagne

Critiques

 

Le programme 2018

Tout le programme du festival 2018 en PDF

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Vienne avant la nuit

  • Vendredi 23 novembre 2018 - 19 h 30

  • Cinéma Jean Eustache
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