Un chien andalou

UN chien andalou

Un chien andalou

Luis Buñuel

1928

18 min.

DCP

Dans un appartement parisien, un homme tranche au rasoir l’œil de sa compagne. Huit ans après, le même appartement est à nouveau le théâtre d’événements des plus étranges…

« C’est un défilé onirique d’images insolites, subversives, érotiques, répulsives, né d’une rencontre entre Luis Buñuel et Salvador Dalí au cours de laquelle les deux hommes s’étaient raconté leurs rêves. Associant librement une vision à une autre, à la manière de l’écriture automatique, ils ont l’idée d’en faire un film, fidèles au principe de la révolution surréaliste, selon laquelle “le cinéma est la mise en oeuvre du hasard”.
“Une seule règle : n’accepter aucune idée, aucune image qui puisse donner lieu à une explication rationnelle, psychologique ou culturelle, raconte Buñuel dans ses souvenirs. Nous rejetions impitoyablement tout ce qui pouvait signifier quelque chose.” » – Télérama

Rares sont les films d’avant-garde muets qui ont gardé intact leur pouvoir de fascination à travers le temps : Un chien andalou fait partie de ces films. Buñuel et son complice Salvador Dalí braquent leur caméra sur l’inconscient comme personne ne l’avait fait avant eux. Surgissent des images d’une violence et d’une beauté inaltérables, pour un film dont le point de départ fut deux rêves des jeunes artistes : une lune coupée par un nuage et un œil tranché au rasoir pour Buñuel, des fourmis sortant de la paume d’une main pour Dalí. Les images blasphématoires, sexuelles ou délirantes du film n’ont aucune valeur symbolique, malgré les nombreuses interprétations auxquelles elle donneront lieu, elles sont juste issues directement de l’inconscient des auteurs du film, qui font du surréalisme de manière instinctive (ils ne seront adoubés par le mouvement poétique français qu’après la projection du film à Paris.)
Un chien andalou est certes l’œuvre de deux hommes, amis qui se quitteront et ne se reverront plus. Mais Un chien andalou est avant tout l’entrée fracassante de Luis Buñuel un jeune espagnol révolté et provocateur, dans l’histoire du cinéma. Quand on lui demanda après l’une des premières projections la signification du film, Buñuel répondit : « C’est une invitation au meurtre et au viol ! » Son célèbre prologue offre une image fameuse : un œil tranché au rasoir. C’est le cinéaste lui-même qui exécute cet acte sacrilège, commis sur une jeune femme. Tout un programme : d’une part Buñuel montre l’immontrable, le jamais vu, une image obscène, un gros plan presque pornographique, en bon lecteur de Sade ; d’autre part, en crevant un œil, Buñuel s’attaque à la pulsion scopique qui est au cœur de tout spectateur de cinéma. Le regard sera souvent stimulé puis empêché dans les films de Buñuel. On ne comptera plus les personnages d’aveugles antipathiques, les blessures réelles ou fantasmées à l’œil ou tout simplement une porte se fermant sur une scène érotique, privant le spectateur d’un plaisir voyeuriste – ARTE

- Court métrage -

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Luis Buñuel

Année

1928

Durée

18 minutes

Date Sortie française

Jeudi 6 juin 1929

Auteur(s) / Scénario

Luis Buñuel, Salvador Dali

Version langue

MUET

Thématiques abordées par le film
Surréalisme
Détails

Interprètes

 Avec Pierre Batcheff (l’homme), Simone Mareuil (la jeune femme), Salvador Dali (un frère des écoles), Jaume Miravitlles (un frère des écoles), Luis Buñuel (l’homme au rasoir), **Fano Messan ** (l’androgyne)

Direction photographie

Albert Duverger

Montage

Albert Duverger

Couleur

N&B

Production

Luis Buñuel, Pierre Braunberger

Distributeur

Théâtre du Temple

Pays

France

Critiques

 

Le programme 2018

Tout le programme du festival 2018 en PDF

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Un chien andalou

  • Mardi 20 novembre 2018 - 19 h 20

  • Cinéma Jean Eustache
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