Terre sans pain

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Terre sans pain

Las Hurdes

Luis Buñuel

1938

28 min.

35 mm

Documentaire réalisé en avril-mai 1932 en Estremadue, à partir des travaux de l’ethnographe Maurice Legendre…

« En novembre 1930, invité par la Metro Goldwyn Mayer, Luis Buñuel part à Hollywood. Il n’est pas à Paris quand L’Age d’or, son deuxième film surréaliste, est présenté au studio 28 à Montmartre. À des milliers de kilomètres, Buñuel découvre les méthodes hollywoodiennes. Il se fâche avec Irving Thalberg, le numéro 2 de la MGM, et casse son contrat en février 1931. De retour à Paris, le cinéaste travaille sur des adaptations de romans d’Emily Brontë et d’André Gide, qui n’aboutissent à rien avant de repartir en Espagne tourner Terre sans pain, un film-réquisitoire sur la situation des Hurdes, la terre sans pain, archipel de hameaux perdus dans les montagnes d’Estramadure, à l’ouest de l’Espagne. Ce documentaire étrange est plus important qu’on le pense : son style irrigue, note Charles Tesson, les chefs-d’œuvre mexicains, Los Olvidados et Nazarin, ou espagnols comme Viridiana, de Buñuel. Au début des années 30, le documentaire passe pour une forme de création expérimentale directement issue des avant-gardes. C’est l’époque où, en littérature, Michel Leiris se lance dans le reportage ethnographique, où, dans le cinéma, apparaissent les noms des Américains Robert Flaherty, Paul Strand, du Néerlandais Joris Ivens, où est consacré celui du Soviétique Dziga Vertov, tous cinéastes du réel. Buñuel est donc à la fois dans une démarche de rupture et de continuité avec son œuvre antérieure. Dans les Hurdes, note Mercé Ibarz, spécialiste de Buñuel, il rencontre “une réalité, dont la mise en images résiste au réalisme plat autant que le monde intérieur qu’il a mis en scène dans ses deux premiers films”. Pour parvenir à mettre en images cette réalité, le réalisateur, qui a alors 33 ans, rassemble une équipe représentative des courants politiques et artistiques les plus radicaux de l’époque. On y trouve Ramon Acin, aragonais comme Buñuel, spécialiste des nouvelles méthodes d’enseignement imaginées par Célestin Freinet, mais aussi sculpteur passionné par le métal et les lanternes magiques, journaliste et anarchiste. Il y a encore Rafael Sanchez Ventura, un autre intellectuel anarchiste aragonais qui sera crédité comme assistant réalisateur. À Paris, Buñuel a débauché Eli Lotar, photographe des abattoirs et des sujets prosaïques, compagnon de Germaine Krull, copain de Kertesz. C’est à lui qu’il confie la lumière du film. Et Pierre Unik, poète surréaliste qui écrira le très intriguant texte du commentaire. […] La carrière de Terre sans pain sur les écrans sera chaotique. Interdit en Espagne en 1933, il réapparaît en 1937 en France, à Paris, dans le très officiel pavillon républicain espagnol de l’Exposition internationale. Mais la situation a changé, nous sommes en pleine guerre civile contre les franquistes, et Buñuel a ajouté un texte final “républicain”. » – Libération, 18 février 2000

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Luis Buñuel

Année

1938

Titre original

Las Hurdes

Durée

28 minutes

Auteur(s) / Scénario

Luis Buñuel , Rafael Sánchez Ventura , Pierre Unik

Version langue

VOSTF

Thématiques abordées par le film
Entre-deux-guerres
Détails

Interprètes

Avec les voix d’Abel Jacquin et Alexandre O’Neill.

Direction photographie

Eli Lotar

Montage

Luis Buñuel

Couleur

N&B

Distributeur

Ramón Acín , Luis Buñuel

Musique

Darius Milhaud

Pays

Etats-Unis

Le programme 2018

Tout le programme du festival 2018 en PDF

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Terre sans pain

  • Lundi 19 novembre 2018 - 11 h 40

  • Cinéma Jean Eustache
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