São Bernardo

Sao Bernardo

São Bernardo

Leon Hirzman

1972

114 min.

VOSTF

Dans la province du Nordeste, un jeune ambitieux devient un puissant propriétaire terrien au détriment de tout son entourage.

Les Films du Paradoxe sortent São Bernardo (1971), un film brésilien inédit en France. Son réalisateur, Leon Hirszman, fut une figure importante du « Cinema Novo » en plein dans les années de dictature militaire. Décédé prématurément en 1987, il laisse derrière lui une œuvre courte mais influente, partagée entre documentaires et fictions. Son engage- ment y est manifeste – il y prend pour sujet les grèves ouvrières, l’analphabétisme, le travail agricole –, mais sans manichéisme ni didactisme. São Bernardo, long métrage de fiction adapté du roman éponyme de Graci- liano Ramos, ne déroge pas à la règle. Hirszman y traite du capitalisme agricole et de la servitude en conjuguant la tragédie et un dépouillement naturaliste. Un parvenu despotique, violent envers sa femme et ses employés, y tient le rôle principal. Plutôt que de le condamner, Hirszman lui cède la parole, pour que l’homme puisse montrer, au terme d’une longue et funèbre confession, comment il s’est construit puis anéantit au fil de ses ambitions. (…) L’odieux Paulo retrace un parcours animé par le calcul, et par une farouche volonté de s’extraire de sa condition, mais non sans humanité. En dépit du ton sec de la restitution, le film développe un lyrisme bien à lui ; ce sont les sentiments que Paulo laisse percer malgré tout – sa culpabilité, son amour, ses bravades –, mais également la picturalité et le fantastique dans lesquels se nimbe le récit. On sent aussi qu’Hirszman vise, dans cette fresque individuelle, une généralité un peu supérieure. Il essaye d’élever cette histoire au rang du mythe, pour en faire une sorte de grand récit populaire, qui narrerait l’histoire passée mais encore actuelle du Nordeste, de son capitalisme agricole et de ses inégalités persistantes. Les censeurs ne s’y tromperont pas : conscients du sous-texte critique du film, ils le bloqueront pendant un an… On ne peut que constater la contemporanéité des partis adoptés : la manière d’épurer le cadre, les situations, d’aplatir les fonds, et de laisser le temps se développer au sein des plans. Cette rigueur, et en même temps cette retenue vis-à-vis de la dramatisation, rejoignent d’une certaine manière celles d’un cinéaste comme Manuel Oliveira. Comme dans les films du cinéaste portugais, on retrouve ici une dimension littéraire, qui ne s’impose pas contre le cinéma, mais se réinvente avec lui dans une grande retenue de moyens. Le cinéma de Leon Hirszman, bien que cantonné à une poignée d’œuvres, est un jalon essentiel du cinéma brésilien. Le très singulier São Bernardo, nous permet de redécouvrir son étrange beauté, son mélange d’âpreté et de fugacité.

– Site Culturopoing. com par William Lurson, juin 2014.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Leon Hirzman

Année

1972

Durée

114 minutes

Date Sortie française

Mercredi 26 novembre 1975

Auteur(s) / Scénario

Leon Hirszman

Format de diffusion

DVD

Détails

Interprètes

Avec Othon Bastos (Paulo Honorio), Isabel Ribeiro (Madalena), Rodolfo Arena (Magalhães), Nildo Parente (Padilha), Vanda Lacerda (Dona Glória)…

Direction photographie

Lauro Escorel

Montage

Eduardo Escorel

Couleur

N&B

Distributeur

Les Films du Paradoxe

Musique

Caetano Veloso

Son

 Walter Goulart

Producteur(trice)

Henrique Coutinho, Marcos Farias

Pays

Brésil

Critiques

 

São Bernardo

  • Mardi 19 novembre 2019 - 16 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
Réserver en ligne

São Bernardo

  • Dimanche 24 novembre 2019 - 14 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
Réserver en ligne

Le programme du Festival 2019

Tout le programme du Festival 2019

Télécharger le programme