Salvador Allende

Salvador Allende

Salvador Allende

Salvador Allende

Patricio Guzmán

2004

100 min.

VOSTF

Retour sur le parcours de Salvador Allende Gossens (1908-1973), investi président de la République chilienne en novembre 1970. Ardent démocrate et « gentilhomme » en politique, il entreprend une vaste réforme socio-économique d’inspiration socialiste, qu’un sanglant coup d’État – appuyé par l’administration Nixon – viendra interrompre le 11 septembre 1973… 

Après plusieurs essais consacrés à ce Chili qu’il a dû fuir après le coup d’État de septembre 73, Patricio Guzmán s’attache à cerner la personnalité et l’apport spécifique de Salvador Allende au renouveau démocratique initié dans le pays au milieu des années 1960. C’est aussi l’occasion d’explorer la jeunesse du futur chef d’État et ses apparitions les plus marquantes, à l’image du discours prononcé le 4 décembre 1972 à l’Organisation des Nations unies, salué d’une immense ovation. 

Patricio Guzmán l’affirme, « Salvador Allende a marqué ma vie. Je ne serais pas ce que je suis s’il n’avait incarné l’utopie d’un monde plus juste et plus libre qui, ces années-là, parcourait mon pays. » Bien qu’il réutilise des images tournées en 1972-73 pour La Bataille du Chili, qui captent un pays livré au tumulte et à la fièvre en cet instant unique de son histoire, le cinéaste livre ici, par contraste, une œuvre ramassée et récapitulative. 

C’est un Allende presque intimiste qui se dévoile, assez éloigné du tribun charismatique au bénéfice du penseur et expérimentateur du socialisme. Un chef d’État décrié pour ses sympathies aux régimes de Fidel Castro ou Mao Zedong, mais profondément attaché au processus démocratique. 

De ce point de vue, le film fait puissamment ressentir l’atmosphère de coup d’État qui règne à partir du printemps 1973 dans un Chili en crise. Le camp des soutiens d’Allende comme celui de ses opposants ont l’intuition d’un pouvoir sur le fil et des grandes manœuvres qui se jouent en coulisse, au sein de l’armée. Patricio Guzmán examine également la portée des décisions d’Allende et s’interroge, à l’image de ces militants de l’Unitad Popular, sur la dimension « révolutionnaire » (ou non) d’un président qui jusqu’au bout, a cru pouvoir mener le Chili vers un socialisme ancré dans le processus démocratique.

Que reste-t-il, aujourd’hui, de Salvador Allende ? Au-delà des modestes effets récupérés dans les décombres de La Moneda, le palais présidentiel (la montre d’Allende, son passeport ou, plus poignant encore, une monture de lunettes tachée de sang), Salvador Allende dessine le portrait d’une figure essentielle dont l’aura – faut-il le dire – a perduré jusqu’à aujourd’hui.

 

« Je me souviens du 11 septembre 1973, jour sombre où l’Amérique fomenta un coup d’État pour abattre la révolution pacifique et démocratique qui se construisait dans mon pays, le Chili, éliminant son président de la République, Salvador Allende, ce «fils de p…», comme se plaisait à le dire Richard Nixon. Je n’oublierai jamais la brutalité de la dictature mise en place pour plus de 17 années, années de souffrance, de mort, d’exil et d’écrasement de la mémoire. Il est temps de se souvenir de Salvador Allende, cet homme atypique, révolutionnaire et fanatique de démocratie jusqu’au suicide, pour des raisons historiques certes, mais aussi pour sa cruelle actualité… » – Patricio Guzmán

Biographie du réalisateur(rice)

Patricio Guzman

Patricio Guzmán

Patricio Guzmán est né en 1941 à Santiago du Chili. Il a étudié à « l’Ecole Officielle de l’Art Cinématographique», à Madrid. Il dédie sa carrière au film documentaire. Ses films, présentés dans de nombreux festivals, sont reconnus internationalement.

Entre 1972 et 1979, il réalise La Bataille du Chili, une trilogie de cinq heures sur le gouvernement de Salvador Allende et sa chute. Ce film fonde les bases de son cinéma. La revue nord-américaine CINEASTE le nomme parmi « les dix meilleurs films politiques du monde ».

Après le coup d’État de Pinochet, il est arrêté et enfermé pendant deux semaines dans le Stade National, où il est menacé à plusieurs reprises par des simulacres d’exécution. En 1973, il quitte le Chili et s’installe à Cuba, puis en Espagne et en France, mais reste très attaché à son pays et son histoire.

Il préside le Festival International de Documentaire à Santiago du Chili (FIDOCS) qu’il a créé en 1997.

La Cordillère des songes, présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2019, clôt une trilogie débutée avec Nostalgie de la lumière (Cannes 2010) et Le bouton de nacre (Berlin 2015).

Films réalisés

2019 – LA CORDILLIERE DES SONGES

2015 - LE BOUTON DE NACRE

2010 - NOSTALGIE DE LA LUMIÈRE

2005 - MON JULES VERNE

2004 - SALVADOR ALLENDE

2001 - LE CAS PINOCHET

1997 - CHILI, LA MÉMOIRE OBSTINÉE

1995 - LES BARRIÈRES DE LA SOLITUDE

1992 - LA CROIX DU SUD

1987 - AU NOM DE DIEU

1983 - LA ROSE DES VENTS

1972-1979 - LA BATAILLE DU CHILI I-II-III

 

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Patricio Guzmán

Année

2004

Titre original

Salvador Allende

Durée

100 minutes

Date Sortie française

Mercredi 8 septembre 2004

Auteur(s) / Scénario

Patricio Guzmán

Format de diffusion

35 mm

Détails

Direction photographie

Julia Muñoz, Patricio Guzmán

Montage

 Claudio Martinez

Couleur

Couleur et N&B

Distributeur

JBA Production

Musique

Jorge Arriagada

Son

Álvaro Silva Wuth, Yves Warnant 

Producteur(trice)

 Jacques Bidou, Marianne Dumoulin

Pays

France Chili Belgique Allemagne Espagne Mexique

Critiques

 

Salvador Allende

  • Mardi 19 novembre 2019 - 14 h 50

  • Cinéma Jean Eustache
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Salvador Allende

  • Dimanche 24 novembre 2019 - 18 h 10

  • Cinéma Jean Eustache
Réserver en ligne

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