Pour qui sonne le glas

Pour qui sonne le glas

Pour qui sonne le glas

For Whom The Bell Tolls

Sam Wood

1943

170 min.

Blu Ray

Venu combattre aux côtés des Républicains lors de la Guerre d’Espagne, l’américain Robert Jordan est chargé de faire sauter un pont défendu par les fascistes afin de couper la route à l’armée franquiste. Il tombe amoureux de Maria, une des résistantes du groupe dirigé par Pablo et sa femme Pilar…

Si l’on examine Pour qui sonne le glas sous l’angle de la fidélité à Ernest Hemingway et à sa vision du monde, le film de Sam Wood paraîtra hors de propos. C’est le cas, d’ailleurs, de la plupart des adaptations d’Hemingway au cinéma, comme L’Adieu aux armes (Frank Borzage, 1932) ou Le Vieil Homme et la mer (John Sturges, 1958). Toutes baignent, plutôt ironiquement lorsqu’on songe au matériau d’origine, dans une artificialité hyperbolique. Toutes prélèvent et poussent à son paroxysme une dimension romanesque présente chez l’écrivain, mais en (très) basse intensité. D’où l’amertume compréhensible d’Hemingway, confiant à Ingrid Bergman qu’à sa sortie, il lui avait fallu cinq tentatives pour voir Pour qui sonne le glas d’une seule traite ! Au regard de son style d’écriture – de son style de vie tout court – Hemingway n’avait évidemment que fiel et fiente pour la fabrique hollywoodienne.
Il est donc impossible de cerner la raison d’être et la forme du film sans tenir compte de l’approche et du recyclage bigger than life qu’elle fait subir, très consciemment, à un matériau conçu dès le départ comme une œuvre de prestige (le casting, notamment) apte à toucher le plus large public. Pour le dire clairement, Pour qui sonne le glas n’a jamais été envisagé comme une restitution réaliste (ni même vraisemblable) des enjeux de la guerre d’Espagne. Celle-ci, via le prestige littéraire associé à Hemingway, a été simplement incorporée au theatrum mundi hollywoodien, pour lequel toutes les époques et tous les lieux sont filmables – pourvu que le spectaculaire et l’exotisme (ou la couleur locale) soient de la partie.
Le film emprunte donc les voies du baroque visuel, caractérisé par l’artificialité de la couleur et la stylisation des décors. De ce point de vue, Pour qui sonne le glas est peut-être le sommet de la collaboration de Sam Wood avec le légendaire production designer William Cameron Menzies : dès les premières images, il est évident que l’artiste qui a imprimé sa marque à Autant en emporte le vent est à nouveau à la manœuvre. Les deux hommes avaient collaboré à plusieurs reprises, par exemple sur le méconnu Crime sans châtiments (1942), où s’impose l’archétype de la « petite ville sans histoire », mais vénéneuse en réalité, masquant la turpitude de ses secrets sous une placide apparence. Avec Ray Rennahan (extraordinaire chef-opérateur de Sur la piste des Mohawks de Ford, 1939, d’Arènes sanglantes – autre spanish fantasy – de Mamoulian, 1941 ou, plus tard, des Conquérants d’un nouveau monde de DeMille, 1947), Wood et Cameron Menzies, soutenus par la partition voluptueuse, exotique et complexe de Victor Young ont serti autour du couple Cooper/Bergman, un écrin indéniablement « hollywoodien » et « romanesque ». Faut-il vraiment s’en plaindre ?

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Sam Wood

Année

1943

Titre original

For Whom The Bell Tolls

Durée

170 minutes

Date Sortie française

Vendredi 20 juin 1947

Auteur(s) / Scénario

Dudley Nichols

Version langue

VOSTF

Thématiques abordées par le film
Guerre d'Espagne
Détails

Interprètes

Avec Gary Cooper (Robert Jordan), Ingrid Bergman (Maria), Akim Tamiroff (Pablo), Arturo de Córdova (Agustín), Vladimir Sokoloff (Anselmo)…

D'après

D'après le roman d’Ernest Hemingway

Direction photographie

Ray Rennahan

Montage

Sherman Todd, John F. Link Sr.

Couleur

Couleur

Production

Sam Wood, William Cameron Menzies

Distributeur

Films sans frontières

Musique

Victor Young

Son

Harold Lewis, Don Johnson

Pays

United States

Critiques

 

Le programme 2018

Tout le programme du festival 2018 en PDF

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Pour qui sonne le glas

  • Mardi 20 novembre 2018 - 14 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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Pour qui sonne le glas

  • Lundi 26 novembre 2018 - 19 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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