Oliver Twist

Oliver Twist

Oliver Twist

David Lean

1948

116 min.

DCP

En Angleterre, au début du XIXe siècle. Le jeune Oliver Twist grandit dans un orphelinat dirigé par le cruel Bumble. En âge de travailler, il est engagé comme apprenti dans une entreprise de pompes funèbres, mais les mauvais traitements dont il est l’objet l’incitent à fuir. Il se rend à Londres, où il croise la route de Fagin, le roi des pickpockets…

En cette fin des années 40 où s’épanouit le cinéma anglais, Lean attaque sa seconde adaptation de Dickens (après De grandes espérances en 1946) dans un esprit différent du premier, ou plutôt il en accuse les lignes de force : les décors de John Bryan y sont encore plus étouffants, et tarabiscotés, la photo de Guy Green encore plus charbonneuse.

Réunissant une partie de l’équipe technique de De grandes espérances et même certains comédiens, tels le savoureux Francis L. Sullivan, Lean est parvenu à condenser en moins de deux heures l’ouvrage touffu de Dickens, gommant ses caractéristiques et sa structure feuilletonesques. Au foisonnement d’intrigues, de retournements de situation, d’allers-retours entre de multiples personnages, Lean a privilégié l’épure, la synthèse, quoi qu’il jette dans la balance la nette influence de l’expressionisme allemand (c’est particulièrement vrai dans les séquences du repère de Fagin) et des illustrations de Cruikshank. Elles inspirèrent au maquilleur Stuart Freeborn les traits de Fagin, qui vaudront au film bien des ennuis outre-Atlantique, où il sera taxé d’antisémitisme. 

Oliver Twist est certes un conte qui se termine bien, mais le triomphe du bien sur le mal, de l’innocence sur la perversité, de l’ample et belle demeure de Mr. Brownlow sur les bas-fonds, ce triomphe-là est long à se dessiner. Car sans le savoir, Oliver a concentré sur sa personne des forces intensément attachées à sa perte : pas seulement les figures maléfiques de Monks, Fagin et Bill Sikes mais, de manière plus souterraine, par le jeu implacable de la fatalité, une sorte de complot fomenté à la fois par les hommes, les institutions (l’hospice, la justice) et les éléments, tel l’orage du début. Dans l’esprit de Lean, enchaîner Oliver Twist après De grandes espérances ne procédait pas d’une capitalisation excessive sur un succès initial, c’était simplement, naturellement, la chose à faire : cette nouvelle adaptation devait lui permettre de creuser plus profondément son sillon, d’atteindre à nouveau une vérité de l’être et de l’âme qu’il avait magistralement captée dans Brève Rencontre. On trouve donc des inspirations visuelles remarquables dans Oliver Twist, inspirations fulgurantes qui n’altèrent pas le dessin de l’ensemble. Un exemple : ce rameau d’épines tordu par le vent, sur lequel le cinéaste raccorde lorsque la jeune femme de la lande éprouve les premières douleurs de l’accouchement. Raccord qui en évoque un autre, celui de l’immense soleil qui s’impose après que Lawrence (d’Arabie) ait soufflé une allumette. Mais ce qui serait ultérieurement, dans l’œuvre de Lean, lumineux, ouvert sur l’espace infini, est tourné ici vers la souffrance et les ténèbres. 

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

David Lean

Année

1948

Durée

116 minutes

Date Sortie française

Vendredi 15 octobre 1948

Auteur(s) / Scénario

David Lean, Stanley Haynes

Version langue

VOSTF

Détails

Interprètes

John Howard Davies (Oliver Twist), Robert Newton (Bill Sykes), Alec Guinness (Fagin), Kay Walsh (Nancy), Francis L. Sullivan (Mr. Bumble)…

D'après

D'après le roman de Charles Dickens

Direction photographie

Guy Green

Montage

Jack Harris

Couleur

N&B

Distributeur

Carlotta

Musique

Arnold Bax

Son

Stanley Lambourne, Gordon K. McCallum

Producteur(trice)

Ronald Neame

Pays

Grande Bretagne

Le programme 2018

Tout le programme du festival 2018 en PDF

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Oliver Twist

  • Vendredi 24 novembre 2017 - 16 h 15

  • Cinéma Jean Eustache
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Oliver Twist

  • Samedi 25 novembre 2017 - 14 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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