À nous la liberté

À nous la liberté

À nous la liberté

René Clair

1932

82 min.

L’odyssée comique et invraisemblable de deux anciens prisonniers qui vont suivre des voies radicalement opposées : le premier devient un grand industriel tandis que l’autre est employé, sans le savoir, dans l’usine de son ancien compagnon d’infortune…

« À nous la liberté entretient à nouveau, et plus encore cette fois [que dans Le Million ou Sous les toits de Paris – NDLR], le rapprochement Chaplin-Clair puisqu’inversant l’ordre des facteurs, le premier tournait en 1935 le pendant américain (Les Temps modernes) du film français tourné quatre ans plus tôt. Au petit jeu de qui copie l’autre, René Clair sut magnifiquement répondre : « Tout le cinéma a pris la leçon de Chaplin. Nous sommes tous tributaires de cet homme que j’admire. S’il est inspiré de mon film, c’est un honneur pour moi. »
En outre René Clair affirma contre l’évidence qu’il n’avait en aucune manière prétendu faire une satire sociale. Modestie, prudence de cet homme de comédie lorsque la presse s’enthousiasme devant l’humanité du message transmis. Nul doute pourtant qu’À nous la liberté soit une œuvre fidèle à son titre, au point d’en faire oublier les curieux défauts. Car Clair est une fois encore en retrait par rapport à son film précédent ; comme Chaplin dans Les Temps modernes, Clair livre une œuvre davantage proche du muet que du parlant. À nous la liberté n’a cure du dialogue, et se conçoit parfaitement sans son. La blanche plastique du décor, la puissance visuelle des effets se suffisent tout à fait, et la conception individualiste – on a même dit anarchiste – du metteur en scène se manifeste sans discours. Cette préoccupation sociale, pour une fois manifestée par le film même, malgré l’hésitation du metteur en scène à la confesser, appartiendrait-elle à l’air du temps ? Il semble qu’il y ait quelque raison à écrire, comme Jean-Pierre Jeancolas dans Quinze ans d’années trente : L’oxygène de 36 circulait déjà, à dose homéopathique, dans quelques films des premières années trente. Le populisme des premiers « parlants » de René Clair, la satire anarchisante de l’usine dans À nous la liberté, la révolte spontanée et confuse qui inspire la célèbre chanson murmurée par Émile et Louis à l’ouverture du film, reprise par le chœur à la dernière séquence, étaient comme un écho anticipé des 14 juillet, des grèves et des tandems du Front. » – Olivier Barrot, René Clair ou le temps mesuré, pp. 39–40.

« René Clair souligne l’idée qu’il reprendra dans ses films successifs : à savoir que la chanson peut être plus allusive et incarner mieux que la parole une voix collective. Un seul refrain, une seule phrase : « Le travail c’est la liberté », qui passe de bouche en bouche de la prison à l’école, renvoie à tout un discours, qui serait moins poétique en passant par la parole, mais devrait être explicité par nombre de phrases er de conjonctures. De plus et grâce à cet expédient, il suffit de reprendre à n’importe quel moment du film le thème musical du refrain pour permettre à d’autres – par exemple les ouvriers – de faire partie du même ensemble. » – Giusy Basile, dans René Clair où le cinéma à la lettre, pp. 150–151.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

René Clair

Année

1932

Durée

82 minutes

Date Sortie française

Vendredi 18 décembre 1931

Auteur(s) / Scénario

René Clair

Thématiques abordées par le film
Crise de 1929
Détails

Interprètes

Raymond Cordy (Louis), Henri Marchand (Émile), Rolla France (Jeanne), Paul Ollivier (l’oncle), Jacques Shelly (Paul)…

Direction photographie

Georges Périnal, Georges Raulet

Montage

René Le Hénaff

Couleur

N&B

Production

Frank Clifford, Alexandre Kamenka, Roger Le Bon

Musique

Georges Auric

Son

Hermann Storr

Pays

France

Critiques

 

Le programme 2018

Tout le programme du festival 2018 en PDF

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À nous la liberté

  • Mercredi 21 novembre 2018 - 19 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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À nous la liberté

  • Dimanche 25 novembre 2018 - 11 h 15

  • Cinéma Jean-Eustache
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