Nosferatu le vampire

Nosferatu le vampire

Nosferatu le vampire

Nosferatu – Eine Symphonie des Grauens

Friedrich Wilhelm Murnau

1922

110 min.

DCP

Hutter est envoyé par son patron chez un riche client au fin fond des Carpathes pour négocier l’achat d’un bien immobilier. Abandonnant Ellen, sa femme, Hutter parvient au château de Nosferatu. Il finit par rapprocher les deux marques sanglantes qu’il découvre à son cou des antiques légendes de vampires. Mais trop tard : Nosferatu est en route, voguant sur un bateau qui l’emmène vers Brème et Ellen, dont le portrait l’a séduit…

S’inspirant du roman de Bram Stoker, Nosferatu est, selon Jacques Lourcelles, « l’un des cinq ou six films essentiels de l’histoire du cinéma, et sans doute le film muet capital […] Film aux multiples aspects, Nosferatu est avant tout un poème métaphysique dans lequel les forces de la mort ont vocation – une vocation inexorable – d’attirer à elles, d’aspirer, d’absorber les forces de vie ». La présence imposante de la nature et la polyphonie qui y sont à l’œuvre, ajoute-t-il, « témoignent d’une conception du cinéma comme art total qui ne cessera de s’amplifier à travers toute l’œuvre de Murnau ». – Jacques Lourcelles, Dictionnaire du cinéma, Editions Robert Laffont, 1992.

« Quand ils parlent de Nosferatu, les critiques […] insistent à rappeler E.T.A. Hoffman. Cependant, cette référence aux antécédents romantiques du film ne compte guère pour sa signification singulière. Les horreurs propagées par Nosferatu sont le fait d’un vampire identifié à la pestilence. Incarne-t-il la pestilence ou est-ce son image évoquée pour la caractériser ? […] Comme Attila, Nosferatu est un fléau de Dieu, et ce n’est qu’ainsi qu’il est identifiable à la pestilence. C’est un tyran assoiffé de sang, suceur de sang, qui se dresse dans ces régions où mythes et contes de fées se rencontrent. Il est hautement significatif que pendant cette période, l’imagination allemande – indépendamment de son point de départ, gravitait toujours autour de ce genre de personnages… ». – Siegfried Kracauer, De Caligari à Hitler, 1946.

« Poème d’amour métaphysique, Nosferatu est le premier grand jalon dans la filmographie de Murnau, considéré, avec Fritz Lang, comme le maître de l’expressionnisme allemand. Une allégorie superbe sur l’existence et le devenir de l’homme traverse tout le film, la mort se nourrissant de la mort et le sacrifice d’une jeune femme s’avérant indispensable au décès de l’être vampirique, dont la disparition préserve l’équilibre du monde. Si le jeu de Max Shreck et la théâtralité de ses apparitions confortent l’expressionnisme, Murnau dépasse les conventions de studio pour de saisissantes échappées dans la nature (les séquences sur le bateau), qui offrent au récit une respiration et une dimension romantique inattendue, qui culmineront avec L’Aurore, son chef-d’œuvre américain. (Re)découvrir Nosferatu, c’est également mesurer les non-dits et sous-entendus sexuels, la morsure du comte tenant lieu de métaphore de baiser entre deux hommes, à une époque où le cinéma n’abordait cette thématique que par des symboles et des allusions indirectes. Nosferatu n’en apparaît que plus ténébreux, le meurtrier personnifiant aussi le trouble du désir sexuel refoulé. Cette dimension du film de vampires sera explicitement mise en évidence par Neil Jordan dans le sulfureux Entretien avec un vampire (1994). – À voir à lire.com

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Friedrich Wilhelm Murnau

Année

1922

Titre original

Nosferatu – Eine Symphonie des Grauens

Durée

110 minutes

Date Sortie française

Vendredi 27 octobre 1922

Auteur(s) / Scénario

Henrik Galeen

Version langue

MUET

Thématiques abordées par le film
Expressionisme
Détails

Interprètes

Avec Max Schreck (le comte Orlock/Nosferatu), Alexander Granach (Knock), Gustav von Wangenheim (Hutter), Greta Schröder (Ellen), Georg H. Schnell (Harding)…

D'après

D'après le roman de Bram Stoker

Direction photographie

Fritz Arno Wagner

Couleur

N&B

Production

Albin Grau,Enrico Dieckmann

Distributeur

Films sans frontières

Musique

Hans Erdmann

Pays

Allemagne

Critiques

 

Le programme 2018

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Nosferatu le vampire

  • Jeudi 22 novembre 2018 - 19 h 40

  • Cinéma Jean Eustache
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