L'Exilé

L'Exilé

L'Exilé

The Exile

Max Ophüls

1947

95 min.

DVD

1660. Chassé par les Têtes Rondes de Cromwell, le roi Charles II s'est exilé en Hollande. Ses amis le pressent de rentrer en Angleterre, mais il estime que c'est prématuré. En attendant, il se cache chez Katie, une aubergiste, et devient garçon de ferme à son service…

« En tant que producteur, scénariste et vedette du film, Douglas Fairbanks Jr. imprima sa marque sur toute la production (bien que par modestie, son nom n’apparaisse au générique qu’en dernier de la liste des comédiens). Résolu à produire ses propres film, Fairbanks, au caractère très anglophile, se tourna tout naturellement vers l’histoire britannique et en tira avec James Agee cette chronique pleine de fantaisie. Bien qu’ils ne soient pas cités, plusieurs scénaristes chevronnés participèrent comme consultants à l’élaboration du script : notamment Aeneas MacKenzie (Juarez, William Dieterle, 1939) et Clemence Dane (Fire Over England, William K. Howard, 1937) et le film fut budgété comme une production de prestige bien qu’il ne bénéficia finalement pas des atours du Technicolor.

Sur recommandation d’un des cinéastes-maison de la Universal, Robert Siodmak, Fairbanks embaucha Ophuls pour diriger le film. Peut-être parce qu’Ophuls était lui-même un exilé, lui qui avait quitté l’Allemagne au lendemain de l’incendie du Reischtag, en 1933. Cinéaste cosmopolite par excellence, Ophuls devait au cours de sa carrière tourner dans pas moins de cinq langues différentes : en hollandais, en italien, en français, en allemand et en anglais. En termes de résonnances historiques, le gouvernement de Cromwell ressemble ici à celui de Vichy et les Têtes rondes ne sont pas sans évoquer ces zélateurs du régime nazi qui poussèrent au départ Ophuls et sa famille. » – Senses of Cinema

 

Dans des images ciselées en studio avec un raffinement et une préciosité admirables, Max Ophuls, pour son premier film hollywoodien (Vendetta, qu’il a abandonné après quelques jours, ne compte pas) relate l’exil de Charles II d’Angleterre. Il décrit ses découvertes durant cette période : le bonheur personnel, l’amour partagé, l’oubli du monde, la tranquillité champêtre. Toutes choses entièrement nouvelles pour lui, et fragiles, qu’il ressent de manière intense et inexprimable et qu’il devra quitter bientôt pour réintégrer sa charge. Ophuls évoque ici un de ces personnages publics qui, comme Lola Montès, regrettent de ne pouvoir se consacrer uniquement à leur vie privée. Faux film d’aventures et de cape et d’épée, L’Exilé n’obéit pas aux règles du genre. Il ne possède aucun rythme, sauf celui que créent dans tel ou tel plan les mouvements d’une caméra baladeuse et virevoltante. Il est quasiment dénué de progression dramatique et inclut par exemple une longue digression avec Maria Montez. Il contient peu d’action, et celle-ci est toute concentrée dans le dernier tiers du film (extraordinaire séquence de la poursuite et du duel dans le moulin). Et bien sûr, pas de dénouement heureux. Il s’agit là d’un pur film d’esthète, au charme mélancolique, destiné comme la plupart des œuvres d’Ophuls, aux happy few. – Jacques Lourcelles, Dictionnaire du Cinéma, tome 3.

 

 

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Max Ophüls

Année

1947

Titre original

The Exile

Durée

95 minutes

Date Sortie française

ven, 06/11/1948 - 12:00

Auteur(s) / Scénario

Douglas Fairbanks Jr.

Version langue

VO

Détails

Interprètes

Douglas Fairbanks Jr. (Charles II), Maria Montez (la comtesse Annabelle de Courteuil), Rita Corday (Katie), Henry Daniell (le colonel Ingram), Nigel Bruce (Sir Edward Hyde)…

D'après

D'après le roman de Cosmo Hamilton

Montage

Ted J. Kent

Couleur

N&B

Distributeur

Swank Films (universal)

Musique

Frank Skinner

Son

Leslie I. Carey , William Hedgcock

Producteur(trice)

Douglas Fairbanks Jr.

Pays

USA

Le programme 2017

Tout le programme du festival 2017 en PDF

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L'Exilé

  • Jeudi 23 novembre 2017 - 15 h 30

  • Cinéma Jean Eustache
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