Leto

Leto

Leto

Kirill Serebrennikov

2018

129 min.

VOSTF

Leningrad. Un été du début des années 80. En amont de la Perestroïka, les disques de Lou Reed et de David Bowie s'échangent en contrebande, et une scène rock émerge. Mike et sa femme, la belle Natacha, rencontrent le jeune Viktor Tsoï. Entourés d’une nouvelle génération de musiciens, ils vont changer le cours du rock’n’roll en Union Soviétique.

Leto, avant d’être un film sur l’histoire musicale de la Russie, est une histoire d’amour. Celle-ci impliquant la plus grande figure du rock russe en devenir. On assiste à l’émergence d’un artiste, au passage à l’âge adulte de Viktor Tsoï dont le style et les chansons viendront secouer la société soviétique à l’aube de la Perestroïka. Après Le Disciple, Serebrennikov est allé chercher le talent du chef décorateur d’Andrey Zvyagintsev (réalisateur de Léviathan), Andrei Pankratov, qui a su recréer le Leningrad des années 80 dans un noir et blanc somptueux. Attention, la couleur n’est pas totalement absente de ce film où les irruptions visuelles sont tout aussi maitrisées que la reconstitution d’une époque où l’on assiste aux concerts de rock assis et en silence… Cette incongruité illustre bien le choc qui s’opère entre l’Est et l’Ouest. Le film démarre sur un groupe de jeunes russes rebelles pénétrant en cachette dans une salle de concert, à l’image de l’infiltration interdite des rythmes et paroles rock’n’roll tous droits venus des États-Unis dans les oreilles de la jeunesse soviétique. Il ne s’agit pas d’un biopic, ni de fantasmer une époque révolue, mais plutôt de rendre compte d’une atmosphère, des errements du début d’un groupe de rock, d’une aventure amoureuse. Le film est empreint d’une mélancolie qui n’est pas celle qui pourrait habiter notre regard nostalgique sur le passé, c’est surtout la douce et furtive tristesse de ces protagonistes, qui s’éveillent parfois au craquement des vinyles et au rugissement des guitares. En salle aussi, le corps du spectateur, engourdi dans son fauteuil, se contracte et s’agite quand surviennent les Talking Heads, T-Rex, le Velvet Underground, Iggy Pop, David Bowie, Lou Reed… Kirill Serebrennikov construit autour de quelques titres iconiques des capsules visuelles, où l’imaginaire est au pouvoir, d’éphémères instants de liberté à l’image, pour mieux nous rappeler qu’ils n’ont pas eu lieu. C’est là tout le brio du réalisateur russe, que de nous faire comprendre l’esprit d’une époque en mettant en scène l’histoire réelle tout autant que l’histoire fantasmée. Des adresses directes au spectateur jusqu’à l’abolition de certaines limites narratives, c’est un metteur en scène de théâtre qui s’exprime, utilisant à plein tube les possibilités du médium cinéma. Il y a finalement une évidence à porter à l’écran ces saillies musicales, cet éveil d’une jeunesse, quand on sait que le groupe de Viktor Tsoï s’appelait tout simplement : Kino.

Biographie du réalisateur(rice)

Kirill Serebrennikov

Né en 1969 en Russie à Rostov-sur-le-Don, Kirill Serebrennikov est un metteur en scène de théâtre, de télévision et de cinéma. Depuis 2012, il est le directeur artistique du Centre Gogol à Moscou. En 2008, il initie une classe au sein de l’école d’art théâtral de Moscou. Quatre ans plus tard, cette classe sert de base au collectif « Septième Studio », constituant aujourd’hui la troupe résidente au sein du Centre Gogol à Moscou. En 2015, le Centre se rend au Festival d’Avignon pour présenter « Les Idiots », mis en scène par Serebrennikov et s’inspirant du film éponyme de Lars Von Trier. L’année suivante, de nouveau à Avignon, il présente « Les Âmes mortes » inspiré du grand classique de Gogol. Il est le premier metteur en scène russe à être présent à Avignon deux années de suite. En 2016, son film Le Disciple est sélectionné à Un Certain Regard au Festival de Cannes. Leto est son premier film présenté en compétition au Festival de Cannes 2018. Le 23 août 2017, Serebrennikov est arrêté sur le plateau de Leto, alors que le tournage touche à sa fin. Depuis, il est assigné à résidence à Moscou, d’où il a pu, malgré tout, entreprendre et finaliser le montage du film.

 

 

 

 

 

 

 

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Kirill Serebrennikov

Année

2018

Durée

129 minutes

Date Sortie française

Mercredi 5 décembre 2018

Auteur(s) / Scénario

Mikhail Idov, Lili Idova, Ivan Kapitonov, Kirill Serebrennikov

Format de diffusion

DCP

Thématiques abordées par le film
Communisme
Détails

Interprètes

Avec Teo Yoo (Viktor Tsoy), Irina Starshenbaum (Natasha), Roman Bilyk (Mayk Naumenko)…

D'après

D'après d’après les Mémoires de Natalya Naumenko

Direction photographie

Vladislav Opelyants

Montage

Yuriy Karikh

Couleur

Couleur et N&B

Production

Pavel Burya, Georgy Chumburidze, Mikhail Finogenov, Murad Osmann, Ilya Styuart

Distributeur

Bac Films

Musique

Roman Bilyk, German Osipov

Son

Kirill Bodrov, Alexey Breytburg, Alexandr Khochlov, Peresvet Muhanov, Ilya Putilin, Anton Savichev, Boris Voyt, Dmitriy Zuev, Natalia Zueva

Pays

France Russie

Critiques

 

Le programme 2018

Tout le programme du festival 2018 en PDF

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Leto

  • Mardi 20 novembre 2018 - 21 h 15

  • Cinéma Jean Eustache
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Leto

  • Jeudi 22 novembre 2018 - 19 h 10

  • Cinéma Jean Eustache
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