Les Temps modernes

les Temps modernes

Les Temps modernes

Modern Times

Charles Chaplin

1936

87 min.

DCP

Charlot, ouvrier à l’usine, travaille à la chaîne. Bientôt, happé par les rouages de sa machine, il perd la raison : il est hospitalisé. À sa sortie, voulant restituer un drapeau rouge tombé d’un camion, il est pris pour un dangereux meneur ! En prison, l’absorption malencontreuse d’une drogue fait de lui un héros…

Les Temps modernes est un film charnière dans la carrière de Chaplin. Son précédent film, Les Lumières de la ville (1931) a été un succès critique, public et financier, qui montre tout l’attachement du public américain pour Chaplin. Il avait pourtant pris le risque de persister à tourner un film muet (mais sonore) à l’époque où le cinéma parlant s’imposait sur les écrans.
En 1936, Chaplin affirme sa liberté de critiquer une Amérique qui ne fait plus rêver. Revenu d’un voyage en Europe, il entame une réflexion sur l’industrie, la répartition des fruits du travail et constate un désastre économique. Il écrit : « Le désastreux sophisme économique de Hoover suivant lequel on devait répartir l’argent au sommet dans l’espoir qu’il filtrerait jusqu’au bas peuple s’était révélé un échec ». Un ami lui raconte comment les paysans recrutés dans l’industrie automobile deviennent des « loques humaines ». Chaplin est convaincu que la machine doit être au service de l’homme et non l’inverse. Que le progrès ne se mesure pas en termes de rentabilité mais dans le bonheur qu’il peut apporter. Ainsi prépare-t-il cette satire politique du monde moderne. Un monde où l’homme est l’esclave de la machine et du patron (aux airs d’Henry Ford). À la prison comme à l’usine, les hommes répondent aux coups de sifflet, ils pointent, deviennent des numéros. La déshumanisation est en marche. Les travailleurs sont des moutons. Tous sauf un. Un mouton noir : Charlot. Tellement inapte au travail mécanique qu’il en devient fou. Et Chaplin invente la scène qui symbolisera définitivement le rapport d’aliénation entre l’homme et la machine.
Le burlesque pratiqué par Chaplin se prête tout particulièrement aux Temps Modernes : l’ouvrier y est réduit à un corps qui ne pense pas – ainsi que l’organisation scientifique du travail l’impose. Il n’a donc pas la parole mais un corps qui peut être utilisé à l’envi, battu, torturé, jeté, emmené, exploité… Un corps aux potentialités burlesques infinies en somme.
L’auteur, s’il garde son humour jouissif, ne cache donc rien du revers social de l’Amérique : les grèves, les manifestations, la brutalité des policiers, les baraques des pauvres gens. Dernier pied de nez à la société et au cinéma parlant : Charlot, icône du cinéma muet, prend la parole, pour la première et dernière fois, dans un charabia irrésistible et part sans avoir trouvé sa place dans la société, mais avec une adorable « gamine » à son bras. – François Aymé et Jeanne Frommer, Ciné-dossier n°2, « 1918–1939, la drôle de paix » – Festival international du film d’histoire.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Charles Chaplin

Année

1936

Titre original

Modern Times

Durée

87 minutes

Date Sortie française

Vendredi 13 mars 1936

Version langue

VOSTF

Thématiques abordées par le film
Entre-deux-guerres
Détails

Interprètes

Avec Charles Chaplin (un ouvrier d’usine), Paulette Goddard (la gamine), Henry Bergman (le patron du restaurant), Stanley J. Sandford (Big Bill), Chester Conklin (le mécanicien)…

Direction photographie

Rolland Totheroh

Montage

Charles Chaplin

Couleur

N&B

Production

Charles Chaplin

Distributeur

Diaphana pour MK2

Musique

Charles Chaplin

Pays

Etats-Unis

Critiques

 

Le programme 2018

Tout le programme du festival 2018 en PDF

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Les Temps modernes

  • Mardi 20 novembre 2018 - 19 h 30

  • Cinéma Jean Eustache
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Les Temps modernes

  • Samedi 24 novembre 2018 - 16 h 10

  • Cinéma Jean Eustache
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