Le Dieu noir et le diable blond

Dieu noir

Le Dieu noir et le diable blond

Deus e o Diablo na Terra do Sol

Glauber Rocha

1964

115 min.

VOSTF

Un couple de paysans brésiliens, touché par la misère, est fasciné par deux personnages violents et mystiques qui symbolisent sa révolte.

Sur une admirable musique de Villa-Lobos, un troubadour aveugle chante les peines et les révoltes de Manuel, le vacher, obligé d’aban- donner avec sa femme la pauvre masure qui les abrite. Dans son extrême misère, Manuel a tour à tour recours au diable et au Bon Dieu. Le diable, c’est Corisco le Cangaceiro, héroïque et sanguinaire, qui voudrait entraîner Manuel sur les chemins de la violence ; le Bon Dieu, c’est Sébastien le Prophète, le « beato », sous la coupe duquel le malheureux paysan s’abandonne aux pires excès d’un mysticisme primitif... Mais la terre n’appartient ni à Dieu ni au diable. La terre appartient aux hommes. Ou, du moins, elle devrait leur appartenir si la justice était autre chose qu’un rêve romantique. Du lyrisme frénétique de Glauber Rocha naît une sorte d’incantation. Tout au long du récit nous sommes emportés dans un tourbillon d’images explosives, flamboyantes, fracassantes, à la puissance desquelles il nous est impossible de résister. Parfois la grandiloquence semble guetter le réalisateur. Mais il hausse encore le ton et trouve son salut dans les excès même de son inspiration. Ce film a l’éclat parfois insoutenable du soleil brésilien. Mais sans doute fallait-il un cinéma « en transe », comme l’est celui de Glauber Rocha, sans doute fallait-il ce baroquisme luxuriant (où l’on reconnaît la trace toujours vivante du vieux « romanceiro ») pour exprimer la tragédie d’un peuple qui n’a encore connu de l’espérance que ses aspects les plus chimériques. – Le Monde, J.B. Yvonne Baby (1967).

Glauber Rocha :

« Avec Le Dieu noir et le Diable blond j’ai fait un film sur la masse paysanne parce que celle-ci est la majorité misérable, la force populaire du Brésil. Chez ces paysans brésiliens, il y a une grande capacité de violence : elle s’exprime de façon mystique – c’est pour- quoi je montre ces prophètes « beatos » – ou de façon anarchique, en s’incarnant par exemple dans les « Cangaceiros ». Telle quelle, cette violence révèle un grand besoin de changement social, politique et historique. Les gens vivent dans la violence, mais n’en n’ont pas conscience. Pour cette raison peut- être, je cherche à faire un cinéma qui soit une sorte d’agression totale. On voit souvent des films qui sont des réflexions ou des spéculations intellectuelles. Ces films, je les aime et je les respecte, mais je pense que le cinéma pourrait impliquer aussi une action plus violente. Étant donnée la réalité du « tiers monde », je dois faire passer l’action avant la réflexion, et mon cinéma est surtout un travail « d’agitation ». En somme, je voudrais que Le Dieu noir et le Diable blond soit une espèce de fable révolutionnaire très fidèle à une tradition de littérature populaire brésilienne. »

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Glauber Rocha

Année

1964

Titre original

Deus e o Diablo na Terra do Sol

Durée

115 minutes

Date Sortie française

Lundi 11 mai 1964

Auteur(s) / Scénario

Glauber Rocha, Walter Lima Jr.

Format de diffusion

DVD

Détails

Interprètes

Avec Geraldo del Rey (Manuel), Yoná Magalhães (Rosa), Maurício do Valle (Antonio Das Mortes), Othon Bastos (Corisco), Lidio Silva (Sebastiao)…

Direction photographie

Waldemar Lima

Montage

Rafael Valverde

Couleur

N&B

Production

Glauber Rocha, Jarbas Barbosa

Distributeur

Films sans frontières

Musique

Chansons originales Glauber Rocha

Son

Agnaldo Azevedo, Geraldo José

Pays

Brésil

Critiques

 

Le Dieu noir et le diable blond

  • Mardi 19 novembre 2019 - 14 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
Réserver en ligne

Le Dieu noir et le diable blond

  • Samedi 23 novembre 2019 - 15 h 20

  • Cinéma Jean Eustache
Réserver en ligne

Le programme du Festival 2019

Tout le programme du Festival 2019

Télécharger le programme