Le Cas Pinochet

Cas Pinochet

Le Cas Pinochet

Patricio Guzmán

2001

109 min.

VOSTF

Interpellé à Londres le 17 octobre 1998 sur requête de juges espagnols, Pinochet est accusé de génocide, de tortures, de terrorisme international et d’enlèvements, c’est-à-dire de crimes contre l’humanité. La bataille juridico-politique en cours à Londres sera longue…

« Patricio Guzmán raconte des histoires comme un homme raconterait un secret de famille à ses proches, avec précision et exactitude, un ton grave et captivant. 

Dans Le Cas Pinochet, Guzmán décrit le dictateur comme un personnage médiocre, sans stature politique. Il sera, dès le début du film, associé essentiellement aux assassinats et aux tortures commises sous son régime. Les toutes premières images sont filmées, lors d’une reconstitution, sur le lieu d’un crime qui porte des traces d’exécution (dans le désert du Chili). Le frère d’une victime, en colère, raconte : “Ce qui s’est passé ici est un crime. C’est ça la dictature militaire. Voilà le gouvernement d’Augusto Pinochet : assassiner des jeunes de dix-huit ans et les abandonner, sans leur famille.” Aux yeux de Patricio Guzmán, Pinochet n’est rien d’autre qu’un assassin. Le Cas Pinochet est l’étude d’un procès, qui finalement n’a jamais abouti…, mais ce film aussi est un procès, réunissant des preuves et des témoignages : une revanche sur cette aberration de l’histoire chilienne. Pinochet est-il un cas à part ou semblable aux vulgaires assassins qu’il faut punir, preuves à l’appui ? Patricio Guzmán rappelle que, sous la dictature, la torture a été institutionnalisée, mais à partir de 1990, suite à l’élection démocratique de Patricio Aylwin puis à partir de 1994, pendant le gouvernement d’Eduardo Frei Ruiz-Tagle, il n’y a jamais eu d’enquête sur la torture menée par l’État. En 1996, grâce à une “faille policière”, Carlos Castresana, procureur espagnol, demande l’extradition du général Pinochet en voyage à Londres vers l’Espagne pour qu’il y soit jugé pour ses crimes. C’est le début d’une partie d’échecs, opposant les défenseurs de Pinochet à ses détracteurs. Patricio Guzmán interroge des avocats, Roberto Carreton, avocat des Droits de l’homme, Juan Carcès, avocat espagnol et conseiller d’Allende lors de sa présidence, des hommes au parcours engagé et admirable. Au contraire, la visite filmée de Margaret Thatcher venant réconforter et soutenir le dictateur est saisissante. Tout en suivant les péripéties d’un procès sous tension, aux procédures complexes et aux rebondissements inimaginables, Guzmán s’intéresse aux victimes qui ont longtemps témoigné dans l’indifférence générale, en leur offrant un temps de parole. Le film est aussi une suite de témoignages éprouvants, de femmes surtout, racontant leur calvaire dans les prisons chiliennes et les salles de torture. Elles sont filmées sobrement, face caméra : Victoria (qui porte sur elle en permanence la photo de son fils disparu), Nelly (qui compte dix-neuf disparitions dans sa famille), Gabriela (qui a subi de nombreuses tortures), Luisa (qui raconte la mort de ses deux fils)… » – Hervé Pichard, La Cinémathèque française 

 

Biographie du réalisateur(rice)

Patricio Guzman

Patricio Guzmán

Patricio Guzmán est né en 1941 à Santiago du Chili. Il a étudié à « l’Ecole Officielle de l’Art Cinématographique», à Madrid. Il dédie sa carrière au film documentaire. Ses films, présentés dans de nombreux festivals, sont reconnus internationalement.

Entre 1972 et 1979, il réalise La Bataille du Chili, une trilogie de cinq heures sur le gouvernement de Salvador Allende et sa chute. Ce film fonde les bases de son cinéma. La revue nord-américaine CINEASTE le nomme parmi « les dix meilleurs films politiques du monde ».

Après le coup d’État de Pinochet, il est arrêté et enfermé pendant deux semaines dans le Stade National, où il est menacé à plusieurs reprises par des simulacres d’exécution. En 1973, il quitte le Chili et s’installe à Cuba, puis en Espagne et en France, mais reste très attaché à son pays et son histoire.

Il préside le Festival International de Documentaire à Santiago du Chili (FIDOCS) qu’il a créé en 1997.

La Cordillère des songes, présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2019, clôt une trilogie débutée avec Nostalgie de la lumière (Cannes 2010) et Le bouton de nacre (Berlin 2015).

Films réalisés

2019 – LA CORDILLIERE DES SONGES

2015 - LE BOUTON DE NACRE

2010 - NOSTALGIE DE LA LUMIÈRE

2005 - MON JULES VERNE

2004 - SALVADOR ALLENDE

2001 - LE CAS PINOCHET

1997 - CHILI, LA MÉMOIRE OBSTINÉE

1995 - LES BARRIÈRES DE LA SOLITUDE

1992 - LA CROIX DU SUD

1987 - AU NOM DE DIEU

1983 - LA ROSE DES VENTS

1972-1979 - LA BATAILLE DU CHILI I-II-III

 

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Patricio Guzmán

Année

2001

Durée

109 minutes

Date Sortie française

Mercredi 10 octobre 2001

Auteur(s) / Scénario

Patricio Guzmán

Format de diffusion

35 mm

Détails

Direction photographie

Jacques Bouquin

Montage

Claudio Martinez

Couleur

Couleur et N&B

Production

Les Films d’Ici Production

Distributeur

Les Films d’Ici Production

Son

André Rigaut

Pays

France Chili Belgique

Critiques

 

Le Cas Pinochet

  • Mardi 19 novembre 2019 - 19 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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