Le Cabinet du Docteur Caligari

Le Cabinet du Docteur Caligari

Le Cabinet du Docteur Caligari

Das Kabinett des Dr. Caligari

Robert Wiene

1919

78 min.

DCP

Au cours d’une fête foraine, Alan, un étudiant, s’entend prédire un avenir funeste par le mystérieux docteur Caligari. Le lendemain, à l’aube, il est assassiné dans son lit. Les soupçons se portent immédiatement sur Caligari…

Véritable coup d’éclat du cinéma expressionniste, premier film d’horreur, le chef d’œuvre de Robert Wiene – et son seul succès – est une fenêtre sur une Allemagne délabrée, fraîchement sortie de la Grande Guerre. De façon spectaculaire, le cinéma s’affranchit ici de tous les codes de représentation pour s’orienter vers un symbolisme puissant, propre aux artistes expressionnistes. Le Cabinet du Docteur Caligari cristallise à l’écran les angoisses et fantasmes du peuple germanique à travers un personnage typique du cinéma muet allemand : le criminel diabolique qui exerce sur la population une impression mêlée d’horreur et de fascination… Cette allégorie invite à réfléchir sur une idée terrifiante : plonger une population entière dans un état d’hypnose collectif et la voir s’offrir à la mainmise du fascisme. « Devenez Caligari », affiché sur les murs des villes, prend alors une dimension politique : pour ne pas se laisser prédire son avenir, mieux vaut devenir maître de son présent. L’acte est révolutionnaire, à l’image de l’esthétique du film, mais le message est clair : un sombre présage est à l’œuvre.

« Si les qualités de mise en scène de Robert Wiene sont évidentes, comme l’utilisation dramatique des gros plans ou encore l’emploi de l’iris pour désigner l’élément principal de l’image (sans oublier la séquence du meurtre en ombres portées ou bien la magnifique scène d’intrusion de Cesare dans la chambre de la jeune femme, d’une poésie morbide et annonciatrice du film de vampire), ce sont bien les décors et tout un langage expressionniste savant et novateur qui marquent les esprits des générations futures. Bien sûr, Le Cabinet du Dr. Caligari ouvre d’abord la voie aux réalisations de Lang, Murnau ou Pabst. Mais on retrouve également son empreinte sur le Réalisme poétique français des années 1930 ou encore, et surtout, sur la production hollywoodienne des trois décennies suivantes, au sein de laquelle vont travailler de très nombreux expatriés allemands, réalisateurs et directeurs de la photographie, qui furent obligés de fuir l’Allemagne nazie. En déroulant le fil de l’Histoire du cinéma, on peut également citer Phantom of The Paradise (1974) de Brian de Palma (le dernier tiers du film) ou encore les premières œuvres expérimentales de Lars Von Trier. Mais il est une œuvre récente dans laquelle resurgit ça et là des emprunts à Caligari, il s’agit bien sûr du cinéma de Tim Burton. En observant l’esthétique que ce dernier donne à ses films (en particulier L’Étrange Noël de M. Jack), on ne peut s’empêcher de voir des réminiscences de certains décors tourmentés de l’œuvre matricielle de Robert Wiene. C’est dire à quel point Le Cabinet du Dr. Caligari demeure une référence incontournable et une date dans l’Histoire du cinéma. » – DVD Classik

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Robert Wiene

Année

1919

Titre original

Das Kabinett des Dr. Caligari

Durée

78 minutes

Date Sortie française

Mercredi 15 mars 1922

Auteur(s) / Scénario

Hans Janowitz, Carl Mayer

Version langue

MUET

Thématiques abordées par le film
Expressionisme
Détails

Interprètes

Avec Werner Krauss (le docteur Caligari), Conrad Veidt (Cesare), Friedrich Feher (Francis), Lil Dagover (Jane Olsen)…

Direction photographie

Willy Hameister

Couleur

N&B

Production

Erich Pommer, Rudolf Meinert

Distributeur

Films sans frontières

Musique

Giuseppe Becce, Alfredo Antonini

Pays

Allemagne

Critiques

 

Le programme 2018

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Le Cabinet du Docteur Caligari

  • Jeudi 22 novembre 2018 - 14 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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