Le Cabinet des figures de cire

Le Cabinet des figures de cire

Le Cabinet des figures de cire

Das Wachsfigurenkabinett

Paul Léni

1924

90 min.

DVD

Un poète invente les histoires de trois personnages d’un musée de cire : le sultan Haroun-El-Rashid, aux prises avec un boulanger dont il convoite la fille ; le tsar Ivan le Terrible se délectant des supplices qu’il inflige ; Jack l’Éventreur. Le poète rêve qu’il est poursuivi par le tueur, accompagné de la fille du directeur du musée…

« Le Cabinet des figures de cire, sorti en 1924 et réalisé par Paul Leni, est selon certains théoriciens du cinéma, l’un des deux films clôturant le caligarisme. Il s’agit d’un pan très précis de l’expressionnisme cinématographique qui prend ses racines avec le fameux long métrage de Robert Wiene, Le Cabinet du docteur Caligari (1920). Le film de Leni est très fidèle au genre de son aîné. Décors surréalistes, statues de cires qui s’animent et le magistral Conrad Veidt au casting…
Si le film n’est pas révolutionnaire quant à son genre, il n’en reste pas moins magnifiquement exécuté. Mêlant l’esthétique picturale de l’expressionnisme et l’histoire comme prétexte à un imaginaire foisonnant, le film déploie pléthore d’artifices à l’intention du spectateur. Le cabinet est le lieu idéal pour ouvrir les portes de la fiction. Chaque figure est comme une page blanche qui n’attend que d’être tachée par l’encre noire. L’expressionnisme dépasse les frontières entre réalité et rêve, alors pourquoi ne pas offrir aux protagonistes de nos livres d’histoire de nouveaux traits ?
Ivan le Terrible (Conrad Veidt), Jack l’Éventreur (Werner Krauss), Harun al Rachid (Emil Jannings) sont bien plus que leur statue, ils sont l’incarnation même de la fiction historique. En prenant tant de libertés avec l’histoire, Paul Leni déconstruit le mythe de la véracité historique et prouve qu’il ne peut s’agir, entre les mains d’un artiste, que d’une création originale. Le cinéma n’a pas à s’embarrasser des véritables vies de ces bourreaux, tyrans, tueurs, il peut même faire d’eux des protagonistes humoristiques (l’histoire du Calife) ou dramatiques (Ivan le terrible). En donnant à l’auteur et à la fille du directeur du musée des rôles dans les histoires fictionnelles – au cœur des aventures créées par l’imaginaire du jeune homme –, Paul Leni brouille d’autant plus les pistes. Il veut laisser aux spectatrices et spectateurs la possibilité de se projeter eux aussi, de s’identifier.
Dans Le Cabinet des figures de cire, les récits développent la théorie de la distorsion du temps et de l’espace. Les décors nous présentent des escaliers sans aucun sens, inutilisables, des fenêtres superflues. Les formes sont angoissantes, oppressantes. Elles sont toutes hasardeuses, ne servant qu’à l’expression d’un onirisme prodigieux. Les seuls repères des spectatrices et spectateurs pour faire la différence entre rêve et réalité sont les différentes teintes de pellicule. Paul Leni, au-delà de son statut de réalisateur, était avant tout connu pour son travail de peintre, chef décorateur et plasticien. Il emploie donc tout son talent à faire de l’expressionnisme naturaliste un art à part entière. » – Deuxième page.fr

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Paul Léni

Année

1924

Titre original

Das Wachsfigurenkabinett

Durée

90 minutes

Date Sortie française

Jeudi 13 novembre 1924

Auteur(s) / Scénario

Henrik Galeen

Version langue

MUET

Thématiques abordées par le film
Entre-deux-guerres
Détails

Interprètes

Avec William Dieterle (le poète/Assad, le boulanger/le prince russe), Olga Belajeff (la fille du directeur/la femme du boulanger/la fiancée/l’amoureuse), John Gottowt (le directeur du Panoptikum), Emil Jannings (Haroun-al-Rachid), Conrad Veidt (Ivan le Terrible)…

Direction photographie

Heimar Lerski

Couleur

N&B

Distributeur

Films sans frontières

Pays

Allemagne

Critiques

 

Le programme 2018

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Le Cabinet des figures de cire

  • Mercredi 21 novembre 2018 - 17 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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