La Vierge des tueurs

La Vierge des tueurs

La Vierge des tueurs

La Virgen de los sicarios

Barbet Schroeder

2000

101 min.

VOSTF

L’écrivain Fernando Vallejo revient à Medellin pour y mourir. Dans un bordel de garçons, il rencontre un adolescent de 16 ans, issu des quartiers pauvres…

« Barbet Schroeder a grandi de 6 à 11 ans en Colombie, pays dans lequel il s’efforce de retourner annuellement. « Colombien de cœur », le rêve d’y tourner, dans la langue du pays, avec une équipe locale, le taraudait de longue date. L’occasion se présente à ses yeux à la découverte des écrits de Fernando Vallejo, auteur national dont la révolte imprécatoire le frappe. Le style de Vallejo exclut toutefois une adaptation littérale. Discutant avec l’écrivain, celui-ci lui suggère de porter son choix, parmi le corpus, sur La Vierge des tueurs, autofiction sanglante où un double de celui-ci se trouve confronté à (et se perd dans) la violence de Medellín. [Le cinéaste] est horrifié par l’escalade meurtrière du roman, jusqu’à dix-huit morts épisodiques. […] Schroeder ne voit pas comment conserver un intérêt pour des personnages fictifs dans un tel climat, qui tendrait pour sa démarche à une dangereuse abstraction (il s’agit de s’attacher à un couple, pas d’assister à un décompte). En collaboration avec l’auteur au scénario, il « négocie » et diminue sensiblement les mises à mort qu’il filmera. Chacune doit rester un choc. […] Dans cette vision de la corruption à l’œuvre, la ville est un personnage à part entière. Le cinéaste, ne souhaitant pas, en faisant le point sur les personnages, perdre de vue ce fond urbain omniprésent, cherche une profondeur de champ maximale. Elle lui est offerte par la Haute Définition, qu’il est le premier à utiliser pour un long métrage entier (de même que ce technophile inaugurera le 6K avec Amnesia). L’image hautement définie n’est pas pour lui un gadget. Il en cherche la spécificité, travaille l’absence de flou, l’espace supplémentaire, qu’elle permet dans une foule ou de nuit, dans une approche esthétique voisine des recherches de Michael Mann. Même en intérieur, jamais Medellín ne disparaît. L’arrière- fond est là, paraît commenter jusqu’à l’intime, s’introduire telles les nuisances sonores nocturnes du batteur punk d’un immeuble voisin. Ce réalisme qui, dans un paradoxe typique de la HD, déréalise par moments (l’accélération du 30 images/seconde se fait ressentir durant les scènes d’action) a pu fournir à des regards insuffisamment attentifs l’impression illusoire d’un tournage documentaire, « caméra au poing ». En réalité, le film pratique une approche hybride, son tournage en décors réels, en immersion dans la ville, s’additionnant à des pratiques (filmage sur rails, intervention sur les couleurs du décor) héritées des productions hollywoodiennes dont le metteur en scène est alors familier. L’héritage du cinéma-vérité révisé à l’aune du grand spectacle. » – DVD Classik

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Barbet Schroeder

Année

2000

Titre original

La Virgen de los sicarios

Durée

101 minutes

Date Sortie française

Mercredi 20 septembre 2000

Auteur(s) / Scénario

Fernando Vallejo

Format de diffusion

DCP

Détails

Interprètes

 Avec Germán Jaramillo (Fernando) Anderson Ballesteros (Alexis), Juan David Restrepo (Wilmar), Manuel Busquets (Alfonso)…

Direction photographie

Rodrigo Lalinde

Montage

Elsa Vásquez

Couleur

Couleur

Distributeur

Les Films du Losange

Musique

Jorge Arriagada

Son

César Salazar

Producteur(trice)

Les Films du Losange/Vértigo Films/ StudioCanal/Tucan Prod. Cine- matograficas

Pays

France Espagne Colombie

Critiques

 

La Vierge des tueurs

  • Mercredi 20 novembre 2019 - 11 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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