La Rue sans joie

La Rue sans joie

La Rue sans joie

Die freudlose Gasse

Georg Wilhelm Pabst

1925

110 min.

35 mm

Dans les années 20 à Vienne, tandis que la misère sévit un peu partout et que les petites gens attendent désespérément que le boucher consente à ouvrir les portes de sa boutique, dans un palace proche, l’industriel Rosenow et l’homme d’affaires sud-américain Canez mettent au point une fructueuse spéculation financière…

« Die freudlose Gasse, troisième opus de Georg Wilhelm Pabst, revendique le titre de film le plus charcuté sous la république de Weimar. La rue désolée en question a pour nom Melchior Gasse, on est à Vienne, en 1921. L’inflation a tiré les couteaux entre riches et pauvres au-delà du supportable, et c’est celui du boucher (Werner Krauss) qui, dans cette rue, fait la pluie et le mauvais temps. Profiteur de crise, il affame ses voisins et échange sa viande contre les services sexuels des plus nécessiteuses. Un autre monstre, la Greifer (Valeska Gert), modiste le jour et maquerelle la nuit, fournit les riches bourgeois spéculateurs en filles fraîches, les faisant passer de sa boutique à son bordel. Deux héroïnes pauvres qui ne se connaissent pas ni ne se croisent dans l’intrigue, Maria (Asta Nielsen) et Greta (Greta Garbo), seront aux prises avec ces deux vilains. L’une finira mal et l’autre un peu mieux. Le film a été censuré parce qu’il représentait avec un peu trop de réalisme la situation économique. Mais pas seulement. Dans sa revue Close Up, consacrée au cinéma d’art, le critique britannique Kenneth Macpherson résume en 1927 la situation : « Le film achevé faisait environ 3 000 mètres, à peu près la taille de Ben-Hur ou de La Grande Parade. La France, en l’accueillant tardivement, en a très vite coupé 600 mètres, ainsi que tous les plans qui montraient la rue. Depuis, on a ajouté et retiré des bouts. Vienne, sans raison claire, a ôté toutes les séquences avec Werner Krauss, si bien qu’il a disparu du film. Les Russes ont trouvé utile de transformer le lieutenant américain en médecin et ont fait de Krauss le tueur, à la place de la fille. Finalement, après avoir été donné pendant un an en Allemagne, on a tenté de l’interdire. » Outre ce découpage et ces censures, c’est la présence de Garbo qui frappe dans ce film, lui offrant son second long rôle. Lors de la sortie du film, la Suédoise impressionna favorablement Hollywood, mais aussi les surréalistes, La Rue sans joie ayant été montré pour l’ouverture du mythique Studio des Ursulines à Paris, le 21 janvier 1926, avec Entr’acte de René Clair. Ce succès n’était pas prévu, car le financement avait été monté sur le nom d’Asta Nielsen, actrice danoise trentenaire dont la performance, à côté du jeu naturel de Garbo, tient plutôt pour nous de l’étoile noire en voie d’effondrement : fascinante mais un peu raide. Quant à la véritable explosion, les amateurs de danse savent que c’est à Valeska Gert qu’on la doit ici. Moustachue à souhait, folle de son corps, la performeuse proche de Brecht et d’Eisenstein fait une Greifer belle comme un tableau de Grosz ou de Dix. Ceci dit par pure pédanterie, et pour rappeler que La Rue sans joie est aussi connu pour être la charnière menant de l’expressionnisme à la Nouvelle Objectivité. » – Libération, 23 juin 2010

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Georg Wilhelm Pabst

Année

1925

Titre original

Die freudlose Gasse

Durée

110 minutes

Date Sortie française

Lundi 18 mai 1925

Auteur(s) / Scénario

Willy Haas, Georg Wilhelm Pabst

Version langue

MUET

Thématiques abordées par le film
Crise de 1929
Détails

Interprètes

Avec Werner Krauss (Josef Gieringer), Asta Nielsen (Maria Leschner), Greta Garbo (Greta Rumfort), Jaro Fürth (Rumfort), Einar Hanson (le lieutenant Davy)…

D'après

D'après D’après le roman de Hugo Bettauer

Direction photographie

Guido Seeber , Curt Oertel, Robert Lach

Montage

Mark Sorkin, Anatole Litvak, Georg Wilhelm Pabst

Couleur

N&B

Production

Michael Salkind, Romain Pinès

Distributeur

Tamasa

Pays

Allemagne

Critiques

 

Le programme 2018

Tout le programme du festival 2018 en PDF

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La Rue sans joie

  • Mardi 20 novembre 2018 - 17 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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La Rue sans joie

  • Jeudi 22 novembre 2018 - 10 h 30

  • Cinéma Jean Eustache
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