La Coquille et le Clergyman

La coquille et le clergyman

La Coquille et le Clergyman

Germaine Dulac

1928

44 min.

DCP

Un homme habillé de noir, un clergyman, verse, à l’aide d’une grande coquille d’huître, un liquide noir dans des flacons qu’il brise ensuite. Une porte s’ouvre, un officier couvert de médailles apparaît, brise la coquille avec son sabre et sort. Le clergyman le suit à quatre pattes jusque dans la rue…

« Il s’agit ici du premier film surréaliste officiellement catalogué comme tel dans l’histoire du cinéma. J’étais en effet persuadé que ce titre honorifique revenait à Un chien andalou. Mais le film de Buñuel, rendu célèbre par sa fameuse scène de l’œil tranché, est sorti sur les écrans des studios des Ursulines le 6 juin 1929. La Coquille et le clergyman lui, fut projeté le 9 février 1928, sur ces mêmes écrans parisiens. Soit près d’un an et demi plus tôt que le brulôt de Luis Buñuel.
La Coquille et le c,lergyman demeure est une œuvre foisonnante d’événements qui ont suscité la polémique en leurs temps. À ce titre, le jour de la première le 9 février 1928, restera gravé dans la mémoire du cinéma français pour le scandale qu’il provoqua.
En effet, le film fut victime d’un violent conflit d’intérêt et d’une brouille irréversible entre son scénariste, Antonin Artaud, et sa réalisatrice Germaine Dulac. À cette époque, Artaud grand nom du théâtre, était proche du mouvement des surréalistes créé, entre autres, par André Breton, Louis Aragon et Salvador Dali. Germaine Dulac avait, quant à elle, déjà une belle filmographie à son actif, et avait mis en scène de nombreux courts-métrages depuis 1915. La rencontre entre les deux artistes fit des étincelles. Artaud réclamait la paternité du projet et voulut que son scénario soit respecté à la lettre. Mais Dulac ne l’entendit pas de cette oreille et opéra de profonds remaniements dans la structure du film tout en conservant l’essentiel du concept initial écrit par Artaud.
Celui-ci, vexé de ne pas avoir été invité préalablement aux projections privées, sera présent à la première officielle – mais ce n’est pas de lui que viendra le scandale. De la salle et du balcon, et avant même que le film ne commence, on entendra des noms d’oiseaux fuser à l’encontre de Germaine Dulac et jusqu’à des menaces de mort (“Au cimetière, la Dulac!”). Un groupe chauffé à blanc par André Breton et ses acolytes provoqua un tel chaos que la projection dût être interrompue à plusieurs reprises.
À cinéma “surréaliste”, Germaine Dulac préférait le terme de “cinéma pur” ou “cinéma abstrait”. Pourtant, La Coquille et le clergyman est bel et bien un film surréaliste. Un propos abscons, un scénario a priori incompréhensible, et un style visuel composé de surimpressions, juxtapositions d’images et d’hyper-ralentis. Comme le souligne Antonin Artaud : “C’est un film d’images pures. Et le sens doit se dégager du rayonnement même de ses images”.
La Coquille et le clergyman reste une œuvre étrangement méconnue en France au vu de son aspect “historique” et la place primordiale qu’elle occupa en ces temps immémoriaux où les artistes se battaient (au sens propre comme au figuré) pour imposer leurs idées et leurs imaginations créatrices. » – Cinéma Choc

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Germaine Dulac

Année

1928

Durée

44 minutes

Date Sortie française

Jeudi 9 février 1928

Auteur(s) / Scénario

Antonin Artaud

Version langue

VF

Thématiques abordées par le film
Surréalisme
Détails

Interprètes

 Avec Alex Allin (le clergyman), Genica Athanasiou (la femme), Lucien Bataille (l’officier).

Direction photographie

Paul Parguel, Paul Guichard

Couleur

N&B

Production

Germaine Dulac

Distributeur

Lightcone

Pays

France

Critiques

 

Le programme 2018

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La Coquille et le Clergyman

  • Mardi 20 novembre 2018 - 19 h 20

  • Cinéma Jean Eustache
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