La Colline des hommes perdus

La Colline des hommes perdus

La Colline des hommes perdus

The Hill

Sidney Lumet

1965

123 min.

DVD

Durant la Seconde Guerre mondiale, dans un camp disciplinaire britannique au cœur du désert lybien. Les prisonniers sont persécutés par l'impitoyable sergent Williams, qui les oblige à gravir encore et encore, sous un soleil brûlant, une colline située au milieu du camp…

« Aux films de guerre dont l’action se déroule sur un front opposant deux camps antagonistes, ce film réalisé en 1965 et fixé sur un camp militaire allié en impose un détournement, si ce n’est le contrechamp d’un cinéma américain en mue. Là où, en temps de guerre (filmé), l’élan patriotique préservait le tissu hétérogène d’une lutte contre l’ennemi, La Colline des hommes perdus prend, lui, ce contre-pied qui fait s’opposer des geôliers aux soldats d’une même armée. 

Une telle opposition de conduite et d’engagement va bientôt fracturer les lignes et conduire à la folie. La puissance du scénario est de révéler ces personnages au fur et à mesure de leurs prises de bec, sorties punitives et autres délires furieux. Magnifiquement caractérisés, chacun des cinq prisonniers occupent un espace, un profil (solitaire), qui, dans sa singularité, offrira d’intrigantes interactions (souvent drôles) et de puissants retournements. Aussi, toute la force du scénario (adapté par l’auteur même du roman) s’arcboute sur ce refus de manichéisme qui, au fil des événements, coiffera chacun de nouveaux masques. L’histoire filmée permet ainsi, en sus de battre en brèche quelques motifs de la condition carcérale, de dégoupiller les maux (racisme, barbarisme, sadisme) d’un système qui, abusif, s’affichera comme profondément déviant. Du commandant quasi invisible, au sergent-major fou et pervers, jusqu’aux fantassins esclaves, tous les comportements, bouillonnants au cœur de cet enfer africain, vont éclater, virer de bord et conduire à la dépense physique et violente.

Pour mettre en scène cette sèche peinture de la cruauté humaine (aucune musique additionnelle), le grand Sidney Lumet visite, avec sa caméra, toutes les géographies du fort militaire. La scénographie dessinée, même en de récurrents plans larges, n’offre ainsi ni respiration ni porte de sortie. Si dans La Colline des hommes perdus, on ne se cogne pas aux murs des cellules, les visages braillards de l’autorité (filmés en contre-plongée) se chargent eux de les cimenter. Aussi, la fameuse colline, véritable instrument de torture, joue dans la première partie du film, un rôle des plus symboliques. Pyramide punitive, les prisonniers l’escaladent avec leur paquetage jusqu’à l’épuisement. L’objectif de Lumet, positionné à son sommet, par des balayages panoramiques qui croisent l’ardent soleil, retranscrit cette folle épreuve. |Il faut aussi louer l’incroyable fluidité du montage, pourtant régi par une tension, qui se libère par endroits en de folles prouesses. De même, photographiées en un superbe noir et blanc, chaque perle de sueur, chaque brûlure et plaie vive ruisselantes à l’image, sont sculptées comme les secousses traumatiques d’une machine infernale. » – Critikat

 

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Sidney Lumet

Année

1965

Titre original

The Hill

Durée

123 minutes

Date Sortie française

ven, 06/11/1965 - 12:00

Auteur(s) / Scénario

Ray Rigby

Version langue

VOSTF

Détails

Interprètes

Sean Connery (Joe Roberts), Harry Andrews (Wilson), Ian Bannen (Harris), Alfred Lynch (George Stevens), Ossie Davis (Jacko King)…

D'après

D'après la pièce de Ray Rigby, co-écrite avec R. S. Allen

Montage

Thelma Connell

Couleur

N&B

Distributeur

Swank Films (warner)

Son

David Bowen

Producteur(trice)

Kenneth Hyman, Raymond Anzarut

Pays

GB

Le programme 2017

Tout le programme du festival 2017 en PDF

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La Colline des hommes perdus

  • Vendredi 24 novembre 2017 - 17 h 40

  • Cinéma Jean Eustache
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