Henry V

Henry V

Henry V

Kenneth Branagh

1989

138 min.

Blu Ray

Au début du XVe siècle. L’évêque d’Ely et l’archevêque de Canterbury s’entendent pour détourner le jeune Henry V de la confiscation de plusieurs biens de l’Église. Leur « appât » : le trône de France, sur lequel Henry serait parfaitement fondé, avancent-ils, de faire valoir ses droits. Le mépris du Dauphin de France à son égard achève de convaincre Henry de déclarer la guerre…

« Avec Henry V, l’image du monde clos, protégé ou menacé, vient à s’incarner dans la métaphore de l’Angleterre pastorale, de l’île verdoyante (“le meilleur jardin du monde”, Henry V, Épilogue du chœur). Tr!s caractéristiquement, la structure du film repose sur un va-et-vient entre les scènes de cour, les discusssions politiques, placées sous le signe de l’enfermement, et les ouvertures sur l’extérieur, les paysages, où apparaissent les figures du peuple… La lecture de Henry V par Branagh se nourrit aussi de Henry IV, qui fournit les images passées de Falstaff et, plus discrètement, de Richard II. L’autobiographie du cinéaste, Beginning, fait d’ailleurs référence à Richard II, pièce à laquelle Branagh avait songé à emprunter un passage méditatif pour exprimer le désarroi de Henry V. L’ensemble des pièces historiques de Shakespeare, surtout Henry IV, Richard III et Henry V, répètent l’union de la couronne d’Angleterre et du pays considéré comme lieu enfermé et glorieux. Les luttes pour la couronne brisent l’harmonie du pays, ainsi que les guerres ; seule la fusion des deux images, couronne et nation, assure une conclusion positive, remise en question par la génération successive. Laurence Olivier construit son Richard III sur l’image de la couronne, dans le prologue, la conclusion et la bataille, tandis que la palette de son Henry V se déploie dans une lumière de pastorale. Branagh semble retenir de Richard II la métaphore bicéphale du monde clos, puis détruit par le péché d’insouciance ou d’orgueil. […]

Branagh a inséré avant la bataille d’Azincourt un plan capital : Henry V s’agenouille et baise la terre, nourrie de sang d’un peuple dont Dieu a sanctionné la valeur par la victoire. Tourné en 1944, le Henry V de Laurence Olivier célébrait le patriotisme et la ferveur nationaliste anglaise. À la différence de celui de Branagh, Henry V y apparaît comme un roi calculateur, stratège, certain de ses choix. Et la bataille contre les Français y métaphorise le juste combat des Alliés contre le fascisme. Le Henry V de Branagh relie un style original à une relecture précise de celui d’Olivier, entreprise qui culmine dans la scène d’Azincourt. Pour Branagh, le combat permet de visualiser l’effort unitaire du peuple anglais pour défendre une terre qui s’en trouve néanmoins souilllée, provoquant ainsi une perte de l’harmonie.

Olivier choisit pour sa bataille un décor verdoyant, tourné en extérieurs, avec une luminosité éclatante. À l’inverse, Branagh choisit un décor fait de brume, de pluie, de boue, conforme à l’approche de matérialité rugueuse, crasseuse, qu’il recherchait. L’imaginaire branaghien rêve d’élémentaire. Sur scène comme au cinéma, Kenneth Bragh aime revenir aux forces primaires. » – Pierre Berthomieu, Kenneth Branagh. Traînes de feu, rosées de sang, éd. Jean-Michel Place, 1998.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Kenneth Branagh

Année

1989

Durée

138 minutes

Date Sortie française

mer, 01/16/1991 - 12:00

Auteur(s) / Scénario

Kenneth Branagh

Version langue

VOSTF

Détails

Interprètes

Kenneth Branagh (Henry V), Derek Jacobi (le chœur), Simon Sheperd (Gloucester), Ian Holm (Fluellen), James Larkin (Bedford)…

D'après

D'après la pièce de William Shakespeare

Direction photographie

Kenneth MacMillan

Montage

Michael Bradsell

Couleur

Couleur

Distributeur

Park Circus

Musique

Patrick Doyle

Son

David Crozier

Producteur(trice)

Bruce Sharman

Pays

Grande Bretagne

Le programme 2017

Tout le programme du festival 2017 en PDF

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Henry V

  • Vendredi 24 novembre 2017 - 10 h 30

  • Cinéma Jean Eustache
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