Cromwell

Cromwell

Cromwell

Ken Hugues

1970

139 min.

Angleterre, 1640. Le roi Charles 1er d’Angleterre gouverne par décrets, contre la volonté du Parlement qu’il tient à l’écart de toute décision importante. Alors que la révolte populaire gronde et que la menace d’une invasion écossaise se précise, un parlementaire puritain, Oliver Cromwell, s’affirme peu à peu en leader de la coalition opposée au despote...

Le regard de l’historien

Oliver Cromwell (1599-1658) n’est pas un personnage qui a suscité un grand nombre de productions cinématographiques, et le film éponyme de Ken Hughes reste le seul à ce jour. Peut-être parce que le régime auquel il est identifié, le Commonwealth of England (1649-1660) n’a pas laissé un bon souvenir dans la mémoire collective, ou parce que la forme de la biographie historique convient sans doute mieux à l’évocation de ce personnage complexe. 

Cromwell dresse le portrait d’un hobereau de province qui émerge vraiment sur le plan politique lors de la réunion du Parlement de septembre 1640, avant de devenir, dans la guerre civile qui oppose les Parlementaires et le roi entre 1642 et 1648, le chef militaire qui assure la victoire des premiers. Après le procès et l’exécution de Charles Ier Stuart en 1649, il écrase dans le sang la révolte des Irlandais catholiques (1649-1650), puis celle des Ecossais restés fidèles aux Stuart (1650-1651). En 1653, il devient Lord Protecteur du Commonwealth, en théorie une république, en réalité une dictature militaire. À sa mort en 1658, son fils Richard lui succède brièvement avant que l’anarchie politique qui s’installe ne conduise le général Monck à rétablir la monarchie (1660). 

Le film s’inscrit (peut-être involontairement) dans une lecture de l’histoire anglaise qui fait de l’affrontement entre le Parlement et la Couronne, et la victoire finale du premier, la clef de la dynamique politique des XVIe-XIXe siècles, fût-ce au prix de certains travestissements de la réalité : les parlementaires de la Grande Rébellion (1640-1660) n’étaient effectivement en rien des démocrates au sens où nous l’entendons aujourd’hui, attachés qu’ils étaient à vouloir réserver l’exercice des droits politiques aux seuls puritains.

 

« Il faut tout le talent de Richard Harris (Un homme nommé cheval) pour habiter ce personnage ambivalent, héroïque pour certains et despotique pour d’autres. Ken Hughes, dans son récit, joue aussi sur l’ambivalence de Charles Ier d’Angleterre incarné par l’excellent Alec Guinness (Le Pont de la rivière Kwai, cf. p. 109), mais celle-ci est d’ordre religieux. La religion, pierre angulaire de l’Angleterre protestante, bafouée par un roi marié à Henriette Marie de France, reine catholique et fille d’Henri IV, insupportable pour Cromwell, puritain et protestant de la première heure. Cromwell est un magnifique duel au sommet entre deux monstres sacrés du cinéma prêtant leurs traits à deux personnages historiques dont les esprits schizophrènes et tourmentés incarnent à la fois l’absolutisme et la démocratie. » – Sens critique

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Ken Hugues

Année

1970

Durée

139 minutes

Date Sortie française

mer, 09/16/1970 - 12:00

Auteur(s) / Scénario

Richard Harris (Oliver Cromwell), Alec Guinness (le roi Charles 1er), Robert Morley (le comte de Manchester), Dorothy Tutin (la reine Marie-Henriette), Frank Finlay (John Carter)…

Version langue

VOSTF

Détails

Interprètes

Richard Harris (Oliver Cromwell), Alec Guinness (le roi Charles 1er), Robert Morley (le comte de Manchester), Dorothy Tutin (la reine Marie-Henriette), Frank Finlay (John Carter)…

Montage

Bill Lenny

Couleur

Couleur

Distributeur

Swank Films (sony)

Musique

Frank Cordell

Son

Leslie Hammond, Bob Jones

Producteur(trice)

Irving Allen

Pays

GB

Le programme 2017

Tout le programme du festival 2017 en PDF

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Cromwell

  • Jeudi 23 novembre 2017 - 16 h 45

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