Aguirre, la colère de Dieu

Aguirre

Aguirre, la colère de Dieu

Werner Herzog

1972

91 min.

VOSTF

Pérou, 1560. Une expédition de conquistadors espagnols s'enfonce dans la forêt amazonienne et remonte le fleuve, à la recherche du fabuleux Eldorado. Aguirre, le commandant en second, ambitieux et mégalomane, fait emprisonner son supérieur et décide, malgré la fièvre qui décime les hommes, de poursuivre la mission...

On pourrait croire qu’il s’agit d’une reconstitution historique ou d’un film d’aventures exotiques, il n’en est rien. Malgré certaines allusions à des figures de la conquête espagnole (le capitaine Pizarro, mort en réalité avant 1560, Cortès qu’invoque fréquemment Aguirre, ou encore le moine chroniqueur), Werner Herzog réalise une œuvre de pure fiction, une parabole sur la démesure, la folie, l’inconscience d’un mégalomane qui se rêve en conquistador, sur la foi d’une légende indienne incontrôlable. Klaus Kinski incarne magistralement ce conquérant de l’inutile, avec sa passion froide, ses éclats de colère, sa brutalité et sa lenteur butée. En apparence les ingrédients du film d’expédition dans la forêt amazonienne sont là : les rapides, les ennemis embusqués, les fièvres tropicales, le but poursuivi. Mais le tempo du récit est ici tout le contraire de celui des films d’aventures traditionnels, qui accélèrent les péripéties jusqu’à la fin, marquée évidemment par la réussite de la quête. Herzog, lui, évite d’ailleurs de théâtraliser tout ce qui pourrait devenir morceau de bravoure (radeau pris dans un tourbillon, soldats mystérieusement assassinés, campement submergé par la crue...) car filmer les faits d’armes ou les multiples embûches, ce serait donner une forme de grandeur au parcours d’Aguirre. Après la spectaculaire séquence d’ouverture, qui découvre en un vaste panoramique vertical une longue file d’hommes en armes franchissant un col des Andes pour s’achever en plongée sur l’avant-garde de la troupe pataugeant dans un marais, le temps semble peu à peu se figer, l’action s’enlise et par glissements successifs on passe du réel à l’hallucination, comme si les personnages avaient basculé dans une dimension parallèle. Ce qui intéresse le réalisateur ce n’est pas de proposer une réalité documentée de ce pan d’Histoire mais d’appréhender une idée du goût du pouvoir, de l’absolu, qui ne peut que déboucher sur la chimère et le néant. Dans Aguirre, le réel c’est l’omniprésence de la nature, cet environnement hostile de plantes et d’animaux, qui s’empare des pensées des hommes et ronge leur âme. Cette oppressante présence est retranscrite par une formidable bande son faite de cris d’oiseaux et de sons d’ambiance divers et portée par la  musique lancinante de Popol Vuh qui a même inventé, à la
demande de Herzog, un instrument qui produise des sons ressemblant à des voix. Sans oublier la voix off qui scande cette dérisoire épopée baroque et hallucinée.

 

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Werner Herzog

Année

1972

Durée

91 minutes

Date Sortie française

Mercredi 26 février 1975

Auteur(s) / Scénario

Werner Herzog

Format de diffusion

DCP

Détails

Interprètes

Avec Klaus Kinski (Don Lope de Aguirre), Helena Rojo (Inez de Atienza), Ruy Guerra (Pedro de Ursua), Del Negro (Gaspar de Carvajal), Peter Berling (Don Fernando de Guzman)…

D'après

D'après le journal de Gaspar de Carvahal 

Direction photographie

 Thomas Mauch 

Montage

 Beate Mainka-Jellinghaus 

Couleur

Couleur

Production

Werner Herzog, Hans Prescher, Daniel Camino 

Distributeur

Potemkine

Musique

 Popol Vuh

Son

Herbert Prasch 

Pays

Allemagne

Critiques

 

Aguirre, la colère de Dieu

  • Mardi 19 novembre 2019 - 11 h 30

  • Cinéma Jean Eustache
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Aguirre, la colère de Dieu

  • Lundi 25 novembre 2019 - 16 h 10

  • Cinéma Jean Eustache
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