Adalen 31

Adalen 31

Adalen 31

Ådalen ’31

Bo Widerberg

1969

110 min.

DCP

Suède, 1931. Alors que des conflits sociaux paralysent une région entière, des briseurs de grève sont acheminés vers l’usine de Lunde. Ils s’opposent violemment aux grévistes et l’armée est appelée en renfort. En marge de ces événements dramatiques, le fils d’un docker noue une idylle avec la fille unique du directeur de l’usine…

Ådalen est une ville suédoise, située dans la province de Norrland et c’est aussi et surtout pour bon nombre de Suédois une date clé de l’histoire de leur pays, comme une date de naissance de la social-démocratie. Car Ådalen en 1931 est le foyer de longues grèves, prémices d’un mouvement de contestation national qui portera les sociaux-démocrates au pouvoir pour des décennies. Au milieu de ce bouillonnement, on suit une famille dont tous les membres sont des protagonistes directs ou indirects des évènements. Et surtout Kjell Andersson, fils de docker qui, tout en travaillant à l’usine, fréquente Anna, la fille du directeur. C’est le lien qui unit ces deux mondes. Autour de cette chronique familiale et sentimentale, la situation reste tendue. Et quand les patrons engagent des « jaunes », des ouvriers d’autres provinces pour reprendre le travail à la place des locaux, les revendications se durcissent. Alors que Kjell et Anna vivent une passion adolescente dans la douceur de l’été, l’armée arrive en ville pour faire respecter l’ordre… C’est bien l’évidence de l’imbrication de ces deux récits, la fresque politique et la chronique romantique, qui fait la justesse du film et du propos. Face à la dureté de la répression, Widerberg ne se prive pas d’humour, affronte le drame sans fracas. Il réalise un tableau magnifique d’une famille suédoise et surtout du monde ouvrier de son pays, tout cela en filmant par petites touches. On entend d’ailleurs Kjell apprendre à prononcer avec difficultés le nom de Pierre-Auguste Renoir. Et c’est bien à l’impressionnisme qu’on serait tenté d’associer Widerberg. Deux coupures de presse de l’époque donnent à lire cette subtile peinture historique et dramatique. D’abord Pierre Billard dans L’Express du 4 mai 1969 : « Peintre pacifique et méditatif des mouvements révolutionnaires, Widerberg cherche moins à déclencher des passions que des idées. Avec lui et les autres jeunes réalisateurs suédois, le cinéma de contestation cesse d’être le grand bric à brac des anarchies convulsives pour commencer à établir une médiation entre le désordre et le progrès. Le communisme avait son Cuirassé Potemkine, Ådalen 31 donne le sien à la social-démocratie. » Puis Samuel Lachize dans L’Humanité-Dimanche du 10 juillet 1969 : « Ådalen 31 est par-dessus tout un film humain. Humain jusqu’aux larmes. Je vous recommande la dernière séquence, quand le fils du militant abattu par la troupe supplie sa mère de mettre fin à un deuil trop luxueux pour sa famille : “Nous n’avons pas les moyens de nous payer un deuil comme ça !” Et de se mettre à nettoyer les carreaux de la maison jusqu’à faire rire sa veuve de mère. Si vous n’éclatez pas à ce moment, c’est que vos tripes sont en papier buvard. La colère, au cinéma, est faite de petits trucs comme ça. C’est peut-être le génie. »

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Bo Widerberg

Année

1969

Titre original

Ådalen ’31

Durée

110 minutes

Date Sortie française

Dimanche 11 mai 1969

Auteur(s) / Scénario

Bo Widerberg

Version langue

VOSTF

Thématiques abordées par le film
Crise de 1929
Détails

Interprètes

Avec Peter Schildt (Kjell Andersson), Kerstin Tidelius (Karin Andersson), Roland Hedlund (Harald Andersson), Stefan Feierbach (Åke), Martin Widerberg (Martin)…

Direction photographie

Jörgen Persson

Montage

Bo Widerberg

Couleur

Couleur

Production

Elisabeth Fahlén, Staffan Hedqvist

Son

Björn Öberg

Pays

Suède

Critiques

 

Le programme 2018

Tout le programme du festival 2018 en PDF

Télécharger le programme

Adalen 31

  • Vendredi 23 novembre 2018 - 21 h 30

  • Cinéma Jean-Eustache
Réserver en ligne